MOVIE MINI REVIEW : critique de Kubo et l’armure magique

MOVIE MINI REVIEW : critique de Kubo et l’armure magique

Note de l'auteur

kubo

 

 

 

Le p’tit gars Kubo, dans la vie, il fait clochard mendiant borgne d’un œil des yeux dans un village japonais médiévalo-bidule de carte postale de l’ère Edo. Avec son banjo en bambou (un bamboonjo ?) il raconte des histoires horriblement clichetonneuses de samurai héroïques en donnant vie à des origamis sans que ça interpelle personne parce que bon… Mais Kubo, ce qu’il sait pas c’est que c’est le petit-fils du méchant dieu lune-truc qu’il aime pas les humains et qui veut lui voler ses yeux qu’on saura jamais pourquoi d’abord.
Kubo se lance n’importe comment dans une quête initiatique à la recherche de lui-même, de sa place dans le monde et des trois armes (un sabre qui sert de cheveux à un squelette géant inspiré de Ray Harryhausen, une armure protégée par un céphalopode géant et un casque qui sert de cloche dans un village minable) qu’elles pourront vaincre les méchants. Il va mener cette quête sans queue ni tête aidé d’un singe et d’un scarabée samouraï (un scaramouraï ???). Jusqu’à combattre le grand-papy tout vénère capable de se métamorphoser en dragon crevette géante !
C’est bien beau de vouloir rendre hommage aux légendaires légendes nipponnes. Encore faudrait-il les connaître et/ou les comprendre ? Parce que le gars Travis Knight et ses scénaristes, ils ont karchérisé à l’eau de javel hollywoodienne toute leur subtilité. Ne reste qu’une bouillie disneyenne dégueulasse de mièvrerie (et horriblement bavarde) sur le pouvoir de l’amour, le pouvoir de la fiction et le pouvoir des mots (coucou la mise en abîme moisie). C’est un peu beaucoup le Japon pour les nuls quoi !
Heureusement, Kubo et l’armure magique est sauvé du désastre narratif et impérialiste (on est pas loin du ridicule Mulan, bientôt adapté en version live par Disney) par une animation proprement époustouflante. Rarement la stop-motion (l’animation image par image de marionnettes) aura été aussi parfaite. L’animation est d’une fluidité renversante ! Mais Travis Knight (un des fondateurs du studio Laika) n’a pas le talent de Henry ‘Coraline’ Selick. Kubo, malgré ses spectaculaires prouesses techniques, n’est finalement qu’une gigantesque marmelade narrative incohérente et indigeste. C’est joli tout plein… Et crétin tout plein… Frustrant…

En salles depuis le 21 septembre
2016. USA. Réalisé par Travis Knight. Avec les voix de Art Parkinson, Charlize Theron, Matthew McConaughey…

 

 


KUBO ET L’EPEE MAGIQUE – Bande-annonce VO par CoteCine

 

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