MOVIE MINI REVIEW : critique de La Couleur de la victoire

MOVIE MINI REVIEW : critique de La Couleur de la victoire

Note de l'auteur

LA-COULEUR-DE-LA-VICTOIRE

 

 

 

Jesse Owens… L’icône iconique définitive (et un peu oubliée) de l’olympisme. Symbole, malgré lui, de la puissance universelle du sport. Un athlète devenu une légende, la démonstration de l’aberration des idéologies répugnantes qui ont plongé l’Europe dans le chaos, le génocide et l’autodestruction au milieu du XXe siècle. Jesse Owens donc, jeune afro-américain, lui-même victime de l’impitoyable ségrégation qui régnait aux USA. Et qui, sélectionné pour les jeux Olympiques de 1936 à Berlin, va se métamorphoser en emblème. Et transcender le sport pour plonger dans l’Histoire, la grande, celle capable de faire courber l’échine aux pires dictateurs, pris au piège de leur propre propagande mortifère…
La Couleur de la victoire nous propulse dans les terribles années 30… Où la paranoïa et le populisme fou rongent l’Occident comme un cancer (comme un air de déjà-vu, non ?). Stephen « Predator 2 » Hopkins colle aux basques de son (anti) héros. Ce jeune homme, lui-même victime de discriminations dans son pays et dans son équipe, va se transformer en arme de destruction massive. La destruction de ces idéologies antisémites, homophobes et racistes qui magnifiaient le culte de l’aryen, descendant direct des dieux !!! Et c’est en se plongeant dans un réalisme cru, véritable foire aux ambiguïtés dérangeantes (le portrait, à la limite de la complaisance, de Leni Riefenstahl, cinéaste officielle du IIIe Reich, en est le parfait exemple), que Stephen « 24 heures chrono » Hopkins réussit son pari impossible. La chronique intimiste d’un homme, juste un homme, amoureux et innocent, qui va, en quelques jours seulement, révolutionner le monde avec ses quatre médailles d’or olympiques. Malgré lui. Juste en étant lui-même. Un sportif… Et c’est précisément cette modestie qui transcende le propos de ce film et qui nous force à réfléchir sur notre propre époque, où la peur et la haine se répandent comme une traînée de poudre. Le spectre des années 30 (et du chef-d’œuvre visionnaire Les Fils de l’homme) rôde autour de nous… Et n’attend qu’un instant de faiblesse pour nous étreindre et nous replonger en enfer.
La Couleur de la victoire vient nous rappeler, avec une simplicité déconcertante, que la résistance est toujours possible, et que l’humanisme triomphera toujours. On peut trouver ça idiot, mais ça fait du bien, de temps en temps, et surtout aujourd’hui, de penser que la raison l’emporte sur le fanatisme…

En salles depuis le 27 juillet
2016. Canada/Allemagne. Réalisé par Stephen Hopkins. Avec Stephan James, Jason Sudeikis, Carice van Houten…

 

 


LA COULEUR DE LA VICTOIRE Bande Annonce VOST… par movie_trailer_fr

 

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