MOVIE MINI REVIEW : critique de Le conte de la princesse Kaguya

MOVIE MINI REVIEW : critique de Le conte de la princesse Kaguya

Note de l'auteur

LE-CONTE

 

 

 

Ce n’est pas la première fois que les films de ce génie d’Isao Takahata semblent répondre (comme dans un dialogue artistique étincelant) à ceux de son grand complice (et autre immense génie du cinéma) Hayao Miyazaki.
Après les deux dyptiques LE TOMBEAU DES LUCIOLES/MON VOISIN TOTORO (deux enfants face à la mort plus ou moins symbolique de leur mère) et POMPOKO/PRINCESSE MONONOKE (la résistance d’une Nature légendaire et ancestrale face à la civilisation humaine), voici LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA, pendant mélancolique au virevoltant PONYO SUR LA FALAISE (où l’histoire d’une fillette venue d’un monde surnaturel qui grandit dans le monde des hommes).
Mais là où Miyazaki s’adonnait à une fraîcheur absolue (y compris stylistique), Takahata, comme à chaque fois, fait dans le réalisme fantasmagorique (à la Georges Franju). Le conte universel initiatique…
Dans un Japon antique (LE CONTE DU COUPEUR DE BAMBOU, daté du Xe siècle, est l’un des plus vieux récits japonais), un vieil homme, coupeur de bambou donc, recueille, venue du ciel, une princesse miniature qui se transforme en bébé. Lui et sa femme vont la traiter comme leur propre fille et l’élever au rang de princesse, pensant ainsi faire son bonheur… Alors qu’ils la privent de la chose la plus importante pour elle, la liberté…
Le bonheur, la liberté… Éternel idéal humain…
Takahata traite ce thème universel avec une pudeur et une splendeur ensorcelante. La divine Kaguya (le sublime design des personnages « crayonnés » rappelle le fantastique NOS VOISINS LES YAMADA) gambade dans un Japon d’aquarelles étourdissantes de beauté.
Bon. Takahata se noie malheureusement un peu dans son histoire bouleversante de pureté mais aussi hermétique et soporifique par moments… C’est beaucoup trop long quoi! Mais la splendeur visuelle permanente et le génie de Takahata (savoir marier à la perfection surnaturel délirant et réalisme pur et dur) irradie à chaque putain d’image. Beau et triste, léger et profond, naïf et dur… Une ode à la vie et à la liberté, temporaire, mais vécue à fond…

En salles depuis le 25 juin
2013. Japon. Réalisé par Isao Takahata. Avec les voix de Aki Asakura, Yukiji Asaoka, Takeo Chii…

 

 

 

La MUSIC MINI REVIEW à Sheppard de la bande originale c’est par là…

 

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