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MOVIE MINI REVIEW : critique de Les Enquêtes du Département V – Délivrance

MOVIE MINI REVIEW : critique de Les Enquêtes du Département V – Délivrance

Note de l'auteur

DELIVRANCE

 

 

 

Et voici la troisième adaptation des aventures du Département V, trio improbable de flics de la police danoise spécialisés dans les affaires non-classées. Après Miséricorde et Profanation, c’est au tour de Délivrance (le chef-d’œuvre de la saga) de passer à la case cinéma sous la direction de Hans Petter Moland (le mou du genou Refroidis). Cette fois, Carl Mørck, Assad et Rose affrontent un kidnappeur venu tout droit de l’enfer. C’est que ce taré infiltre les sectes religieuses les plus recluses et kidnappe systématiquement deux enfants d’une même famille pour n’en rendre qu’un seul vivant un fois la rançon payée !!! Bonjour la torture mentale !!! Mais, par la grâce d’une bouteille jetée à la mer par l’un des suppliciés, les enquêteurs découvrent son existence et se lancent à sa poursuite !
Il se passe un truc vraiment bizarre avec les adaptations des enquêtes du Département V. Alors que Miséricorde respectait à la perfection l’esprit du roman et que Profanation se permettait une microscopique trahison (mais fondamentale… Quelle frilosité !), Délivrance fait carrément dans le WTF scénaristique. Comme si les producteurs, s’étant rendu compte de la noirceur absolue de cet épisode, avaient décidé coûte que coûte, de l’édulcorer, jusqu’à l’écœurement, jusqu’à la folie…
Après un gag d’intro proprement incompréhensible (making off ? Clin d’œil ? On ne le saura jamais…), Hans Petter Moland et son scénariste Nikolaj Arcel métamorphosent cette plongée tétanisante et bouleversante dans la saloperie humaine, en (très mauvaise) photocopie de thriller US. On se croirait plutôt dans un mauvais épisode de série télé allemande des 80’s…
Délivrance lorgne sur les glorieux anciens, les fabuleux Manhunter de Michael Mann et Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa (le premier chef-d’œuvre du thriller moderne) avec des morceaux de bouts du triste L’Enjeu de Barbet Schroeder. Bref, à des zillions d’années-lumière du roman originel (ok, ça ne gène que les personnes qui l’ont lu mais quand même bordel !).
Pourquoi ? Pourquoi acheter les droits d’un roman (au succès planétaire, qui fait que l’adaptation cinéma existe quand même) pour le détruire et en faire n’importe quoi ! Hans Petter Moland transforme une intrigue qui aurait pu (dû) accoucher d’un des thrillers les plus flippants depuis Le Silence des agneaux en polar interchangeable avec un climax dégoulinant de bondieuserie hystérique (coucou la sainte trinité nawesque, le miracle scénaristique, la loi du talion répugnante et la résurrection christique lacrymale). Délivrance est le symbole du profond mépris que vouent les producteurs aux spectateurs. Incapables, à leurs yeux, d’accepter la noirceur et le malaise. Des spectateurs tout juste capables d’ingurgiter un machin sans queue ni tête blindé de fric et de scènes d’action moisies.
Mais cette frustration ne concerne que les lecteurs de la saga. Pour ceux qui découvrent cet univers à travers les films, ils contemplent des thrillers classiques totalement interchangeables et pas trop mal foutus… Ok, adapter c’est (aussi) trahir… Mais quand ça vire au contresens total, ça devient difficile à avaler (coucou le chef-d’œuvre maudit de Manchette, La Position du tireur couché, massacré par Robin Davis pour Le Choc et Pierre Morel pour Gunman). Frustration, je hurle ton nom !

En e-cinéma depuis le 6 mai
2016. Danemark. Réalisé par Hans Petter Moland. Avec Nikolaj Lie Kaas, Fares Fares, Johanne Louise Schmidt…

 


DÉLIVRANCE Extrait # 1 (Les Enquêtes du… par erbeti-hakan

 

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