MOVIE MINI REVIEW : critique de Les Premiers, les Derniers

MOVIE MINI REVIEW : critique de Les Premiers, les Derniers

Note de l'auteur

LES-PREMIERS

 

 

 

Déjà que l’apocalypse c’est pas trop la joie, alors la subir dans les gigantesques plaines de la Beauce, balayées par un vent glacial, y a de quoi devenir dingo ! C’est dans ce décor de western moderne, de conte de fée absurde et d’évangile crépusculaire débordant d’humanité que se joue le destin d’êtres en perdition. Des jeunes Adam et Ève SDF, un Jésus décharné qui fait ce qu’il peut, des anges gardiens patriarches du cinéma, des incontournables gros cons de plouc-bouseux démoniaques. Et au milieu de ce foutoir poétique errent deux gros bras (cassés) à la recherche d’un téléphone portable au contenu compromettant, deux nounours en pleine crise existentielle, deux âmes perdues en mission rédemptrice, les énormes Bouli Lanners et Albert Dupontel.
Mais c’est bien beau de s’amuser avec l’imagerie biblique, encore faudrait-il que Bouli Lanners (qui réalise aussi le film) parvienne à s’extirper de ces tonnes de mélancolie mélancolique et de toute cette pesanteur stylistique. Les Premiers, les Derniers tourne très vite en rond, prisonnier de son procédé, prisonnier de cette Americana franchouillardisée perdue dans un maniérisme soporifique. Une fois que l’on a compris la parabole, ben il se passe plus rien quoi !
Ne restent que des plans fulgurants de poésie noire aux frontières du surréalisme brut, et surtout, surtout, la chance de voir se rencontrer (pour la première fois ?) deux légendes vivantes, les dieux Michael Lonsdale et Max Von Sydow… Et, rien que pour cette scène bouleversante de simplicité, on pardonne à Bouli Lanners ses délires formalistes et son prosélytisme faussement subversif façon Le Tout Nouveau Testament

En salles depuis le 27 janvier
2015. France/Belgique. Réalisé par Bouli Lanners. Avec Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément…

 


LES PREMIERS, LES DERNIERS – Bande-annonce VF par CoteCine

 

Partager