MOVIE MINI REVIEW : critique de L’Idéal

MOVIE MINI REVIEW : critique de L’Idéal

Note de l'auteur

LIDEAL

 

 

 

L’Idéal ou l’égotrip ultime d’un tocard mondain parisien, le nez et la barbe et la bite et le talent noyés dans la poudreuse colombienne et les nichons slaves, qui s’imagine l’égal de Brett Easton Ellis et de Hunter Thompson ! Alors qu’il n’est rien d’autre qu’un triste ex-pubard cynique avec, ancré au plus profond de son lui-même du cerveau, un mépris absolu pour les femmes, réduites à des objets de consommation à peine plus utiles qu’un Kleenex usagé finissant collé au fond d’une poubelle… Si seulement ce pauvre Frédéric Beigbeder (vous l’aurez reconnu !) assumait franchement son statut de gros cons phallocrate ! Non, bien sûr que non ! Le voilà qui se lance dans une entreprise d’auto-absolution méprisable parce que fondamentalement, irrémédiablement, définitivement factice ! Comme si Beigbeder était devenu le démagogue qu’il dénonce (très vaguement), capable de vendre du vent à un public honni… On est loin, tellement loin du corrosif 99 francs qui pulvérisait (quand même un peu) le monde de la pub !
L’Idéal, c’est pas du tout la critique acerbe du monde de la mode et de la com’ et des produits cosmétiques qui t’expliquent à longueur de spots télé que t’es qu’une merde. Non, L’Idéal c’est Frédéric Beigbeder, qui vend Frédéric Beigbeder comme on vend aux femmes une crème qui ne la rendra jamais jeune et aux mecs un déodorant/aspirateur à nichons qui n’existe pas (coucou la couverture du dernier numéro de Lui dans l’intro qui sert à rien et coucou le caméo pathétique).
L’ogre manipulateur qui triture les cerveaux, c’est pas ce clone grotesque de L’Oréal dirigé par un Jonathan Lambert travesti beaucoup trop sage, non ! Cet ogre, c’est Beigbeder ! Qui nous vend sa personne, sa (fausse) bonne conscience et sa (fausse) rédemption ! Avec comme avatar un Gaspard Proust proprement dégueulasse (à des années-lumière de sa méchanceté habituelle) accompagné d’une Audrey Fleurot encore plus ridicule que dans Le Fantôme de Canterville (et ça fallait le faire bordel !) ! Pire qu’une purge ! Pire qu’une catastrophe industrielle ! L’Idéal c’est rien qu’un gigantesque évangile taré… Le culte de Frédéric Beigbeder, écrit par Frédéric Beigbeder et filmé par Frédéric Beigbeder avec une caméra de plomb indigne des pires épisodes de Plus belle la vie !
Brett Easton Ellis et Hunter Thompson étaient des anarchistes punks (vaguement nihilistes) qui haïssaient les convenances d’une société bourgeoise rongée par l’hypocrisie. Alors que Beigbeder pas du tout ! Trop amoureux qu’il est de lui-même et de son (petit mais réel) talent. Et trop heureux de sa place de bouffon inoffensif dans ce monde médiatique de faux-semblants qu’il n’égratignera jamais. C’est ça le plus consternant dans L’Idéal. Cette récupération éhontée de la résistance à l’empire médiatico-économico-ultra-libéral ! Du Guy Debord inversé en mode hardcore ! Une société du spectacle défoncée à la cocaïne et à la cyprine qui vampirise sans scrupule ses ennemis histoire de se glorifier encore plus sur l’autel d’une subversion qui n’existe plus. Si seulement Beigbeder s’était vautré dans la fange et la décadence et la méchanceté comme ses glorieux modèles… Mais non ! Il est trop lâche et fondamentalement trop amoureux de l’image qu’il a de lui-même. En fait, L’Idéal c’est la séance de masturbation intellectuelle (et sexuelle aussi) d’un exhibitionniste qui nous demande, en plus, de vénérer son génie créatif inexistant. Se rend-il seulement compte de l’image déplorable, pour ne pas dire consternante, qu’il véhicule ? Pire que ce top model du film, blonde et überconne (bien sûr) qui essaie de s’acheter une conscience à défaut de neurones…
L’Idéal c’est rien d’autre que l’histoire d’un connard, un pervers narcissique qui veut faire croire qu’il a changé alors qu’en fait pas du tout. Et surtout qui prend un pied pas possible à se foutre de notre gueule. Mais là on parle d’Octave Parango, hein, bien sûr… L’Idéal ne dénonce rien. Jamais. Ce truc ne fait qu’entretenir et glorifier ce monde de la mode et de la pub et de la com et des apparences… Beigbeder a fini dévoré par les flammes du bûcher des vanités qu’il a lui-même construit… Minable !

En salles depuis le 15 juin
2016. France. Réalisé par Frédéric Beigbeder. Avec Gaspard Proust, Audrey Fleurot, Jonathan Lambert…

 

La critique à Marc Godin c’est par là…

 

 


L’IDÉAL Bande-Annonce (99 Francs 2, Comédie… par Filmsactu

 

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