MOVIE MINI REVIEW : critique de Life

MOVIE MINI REVIEW : critique de Life

Note de l'auteur

LIFE

 

 

 

C’est l’histoire d’un mythe. Un des plus grands de l’histoire du cinéma. L’histoire de ce mythe avant le mythe. L’histoire d’une malédiction. Prête à broyer un jeune homme conscient de son propre génie et du flot de tragédie qu’il va entraîner.
James Dean. La légende James Dean. Mais un James Dean avant James Dean.
Hollywood, 1955. À l’est d’Eden, sur le point de sortir, ne l’a pas encore métamorphosé en icone révolutionnaire de la jeunesse. Un photographe, un peu loser, le repère au cours d’une soirée. Il va alors lui courir après avec l’intuition comme seul arme. Pour une session photo légendaire, parue dans le magazine Life.
Anton Corbijn (lui-même photographe célèbre passé au cinéma) plonge dans cette rencontre qui va changer le cours de la vie de ses deux protagonistes. Une rencontre traitée comme une histoire d’amour fugace. Anton décrit avec précision cette relation si étrange et passionnelle qui se noue entre un photographe et son modèle.
Dans une Amérique (trop) clinquante de carte postale, un James Dean angélique (beaucoup trop angélique, vu la vie dissolue du bonhomme) et un Dennis Stock tout en rage contenue (le sex-symbol en mousse Robert Pattinson) s’affrontent. Avec le cliquetis assourdissant des prises de vue qui claquent des coups de feu volant des instants de vie et l’âme d’une victime plus ou moins consentante. Tout ça filmé avec une pudeur ensorcelante. Son héros, c’est son double. Ce photographe frustré qui suit coûte que coûte (au prix de sa vie privée en lambeaux) une putain d’intuition géniale. La certitude de capter un basculement, une révolution. Car cet écorché vif improbable (tout mélancolique, tout mou et tout anti-iconique) symbolise le grand basculement artistique et sociétal du siècle. Corbijn s’interroge également sur son statut de photographe, de passeur et d’artiste. Comme un autoportrait fantasmé, une autopsychanalyse, un fantasme ultime. James Dean !!
Filmé avec une pudeur folle, Life déstabilise. Pour mieux émouvoir. Corbijn parvient à capt(ur)er l’essence de la vie. Cette flammèche instable, faite de tout petits riens anecdotiques qui s’enchaînent anarchiquement, avec la même puissance que dans les magnifiques Control et Un homme très recherché.
La chronique (pré-apocalyptique) des derniers instants d’insouciance et de liberté d’un jeune homme fonçant vers l’immortalité et la mort… Magnifique.

En salles depuis le 9 septembre
2015. USA/Canada/Allemagne/Australie. Réalisé par Anton Corbijn. Avec Robert Pattinson, Dane DeHaan, Alessandra Mastronardi…

 

 


La bande annonce sous-titrée de « Life » par CamilaMontes

 

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