MOVIE MINI REVIEW : critique de MI5 : Infiltration

MOVIE MINI REVIEW : critique de MI5 : Infiltration

Note de l'auteur

MI-5

 

 

 

Il est quand même rigolo quelque part, le monde des espions… Tout le monde trahit tout le monde tout le temps, personne n’hésite un seul putain d’instant à pactiser avec l’ennemi (quel qu’il soit) pour finir par s’entretuer sans le moindre scrupule dans un ballet de morts d’agents doubles voir triples voir quadruples… Perdus dans leur chasse invraisemblable aux terroristes (largement aussi tortueux qu’eux) et leurs impitoyables luttes de pouvoirs intestines qui mettent accessoirement la vie de zillions de gens en péril, ces fantômes s’adonnent à un jeu sépulcral et cérébral, à une partie d’échec planétaire, à un billard à 5 zilliards de bandes où la trahison et le patriotisme ne sont que des pions utilisés plus ou moins subtilement et (toujours, toujours) cyniquement.
MI5 : Infiltration, adaptation cinéma d’une série anglaise glaçante de cynisme, suit un éminent agent (le trop rare Peter Firth, pilier de la saga) entré dans la clandestinité (tel un vulgaire Jack Bauer cockney) après une mission foirée dans les grandes largeurs. Le voilà parti à la chasse au traître et au vilain terroriste islamiste sentimental moins caricatural qu’il en a l’air.
Le grand problème ici c’est que Bharat Nalluri est incapable de maintenir son film dans le carcan anti-spectaculaire et cérébral (voire carrément rébarbatif) du monde du renseignement. Alors, il assaisonne son MI5 d’intrigues rocambolesques dégueulasses d’incohérence, d’acteurs mollassons et de nawak permanent. Bref, on est à des années-lumière du fantastique Un homme très recherché.
Le redoutable MI5 briton se résume à une poignée de crétins chauves en costards et de gourdasses en tailleurs enfermés dans un bunker en plexiglass et au jeune héros chevelu au charisme de crêpe au sucre régurgitée sur un coin d’assiette sale d’une crêperie de banlieue (le pathétique Kit Harington, venu du mythique Games of Thrones). Tellement loin du réalisme glaçant des œuvres du légendaire John LeCarré…
Heureusement, une noirceur incessante et implacable sauve ce triste super épisode de série (le réalisateur Bharat Nalluri vient de la télé et ça se sent beaucoup trop) de l’inconsistance… Pas de scrupules (encore moins de remords) dans ce milieu impitoyable qui détruit les idéalistes… Et ronge les survivants, devenus des machines à tuer qui n’hésitent pas à sacrifier des personnes au non de cette saloperie de raison d’état…

En e-cinéma depuis le 18 septembre
2015. Grande-Bretagne. Réalisé par Bharat Nalluri. Avec Kit Harington, Peter Firth, Jennifer Ehle…

 

 

 

Partager