MOVIE MINI REVIEW : critique de Monsters: Dark Continent

MOVIE MINI REVIEW : critique de Monsters: Dark Continent

Note de l'auteur

MONSTERS-2

 

 

 

2010, l’inconnu gallois Gareth Edwards secouait la SF lo-fi et la rom-com intimisto-crépusculaire avec l’incroyable Monsters. 2014, un autre inconnu briton, Tom Green, remarqué pour ses épisodes de la série de super héros bizarroïdes Misfits, reprend le flambeau et nous balance une sequel aussi inattendue que spectaculaire! On oublie la zone interdite américano-mexicaine, Monsters: Dark Continent propulse ses protagonistes dans un Moyen-Orient sanguinaire qui n’avait franchement pas besoin de ces aliens/poulpes/géants/luminescents pour s’adonner à la guerre civile dégueulasse.
C’est la grande idée de ce Dark Continent. Transposer cette franchise SF hautement politique au cœur de l’actualité contemporaine la plus barbare. Une unité de l’armée US est déployée en pleine désert pour chasser et éradiquer la menace extra-terrestre. Mais elle doit également affronter une rébellion locale impitoyable, victime collatérale de la napalmisation des grosses bêtes. Les morts s’accumulent et les survivants errent dans un no man’s land désertique proprement fascinant de poésie morbide. Tom Green signe un survival expérimental fascinant, cocktail improbable entre Démineur (avec des gros morceaux de La Chute du faucon noir, de La Bête de guerre et de Jarehead), District 9 (pour le côté SF sociale viscérale) voire carrément le chef-d’œuvre politico-nihiliste Starship Troopers. Monsters: Dark Continent enchaîne les plans iconiques malades et la réflexion sur l’engagement (Qui sont les monstres du titre ? Les soldats US programmés pour tuer ? Les insurgés locaux fanatisés ? Les aliens qui tentent juste de vivre dans un nouvel écosystème ?), le sacrifice et la place d’une humanité condamnée à mort assistant impuissante à sa propre annihilation.
Bref, Monsters: Dark Continent se situe à des années lumières des blockbusters décérébrés (made in Disney/Marvel et autres) qui nous liquéfient les neurones depuis des années. Tom Green fuit la surenchère débilitante et frise le cinéma expérimental avec cette errance désertique qui rappelle par moments les films de Monte Hellman. Du spectacle bis délirant, des gunfights de malade, de l’intelligence, du recul, de la poésie mélancolique et de la subtilité… Un putain de film quoi ! Et qui sort en DVD dans l’indifférence générale… Quelle honte !

En DVD/Blu-ray depuis le 1er juillet
2014. Grande-Bretagne. Réalisé par Tom Green. Avec Johnny Harris, Sam Keeley, Joe Dempsie…
Éditeur : TF1 Vidéo

 


Monsters: Dark Continent – Bande-annonce 2 [HD… par ExtraterrestresTV

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