MOVIE MINI REVIEW : critique de Pixels

MOVIE MINI REVIEW : critique de Pixels

Note de l'auteur

PIXELS

 

 

 

Quand le pire du cynisme hollywoodien, le pire du retrogaming neuneu, le pire de la vague nostalgeek et le pire de la comédie US pas drôle (coucou Adam Sandler et coucou Kevin James) unissent leurs « forces » pour annihiler définitivement toutes formes d’énergies cérébrales, ça donne l’arnaque Pixels ! Vaguement, très vaguement adapté du magnifique court métrage éponyme signé Patrick Jean (c’est par là), ce rip-off effronté du matriciel Ghostbuster, signé du dinosaure 80’s Chris Columbus, est le symbole (un de plus) d’une société du spectacle en pleine frénésie décadente, galopant anarchiquement dans tous les sens comme un vulgaire poulet décapité, aspergeant tout sur son passage à grandes gerbes de sang et de mercantilisme dégueulasse.
Alors bon. Un quatuor de quadragénaires geeks champions de jeux vintage de bornes d’arcade (Pac Man, Tetris, Space Invaders, jamais mis en valeur) mené par Adam Sandler (l’erreur de casting suprême, ce tocard ayant toujours symbolisé l’américain beauf inculte ultime, tortionnaire et ennemi mortel du nerd) va devoir affronter une invasion extra-terrestre prenant la forme de ces jeux vidéo légendaires…
Passé son concept sympathique, Pixels s’avère incapable d’esquisser le moindre sourire. Chris Columbus et son casting de tocards intergalactiques nous convient, sans le savoir, aux funérailles clinquantes de la culture geek. Une culture, née dans les 70’s et les 80’s, qui s’est abreuvée de nouveautés flamboyantes issues de ce melting pop créatif raillé, à l’époque, par ses aînés et qui n’est plus dorénavant qu’une espèce de musée inculte, réactionnaire et foncièrement intégriste. Une bouillie indigeste rance, blindée de produits périmés qui fuit et hait toute forme de différence et d’originalité. Un putain de comble pour cette sous-culture méprisée en son temps.
Avec ses SFX néo-rétro rutilants (moins beau que ceux du court, bravo les gars !), son intrigue prétexte et sa mise en scène paresseuse, Pixels n’est que l’oraison funèbre d’une culture (cinématographique et autres) en perdition, désespérément et cyniquement braquée sur le passé. Incapable de se renouveler. Incapable de créer (c’est pas un putain de gros mots bordel) de nouveaux héros et de nouveaux mythes susceptibles de conquérir le cerveau des jeunes générations. Elle est là la tragédie contemporaine. Nier aux gamins la possibilité de se retrouver dans leur propre univers créatif. Incapables de brûler leurs idoles. Incapables d’exprimer leur révolte (le fondement de chaque génération). Pixels incarne la dictature culturelle moderne orwelienne. La dictature du cool. La dictature du néant. Une dictature qui combat férocement toute créativité, toute vie. Comme un enfer terrestre qui ne s’arrêtera pas avant d’avoir massacré et remaké l’intégralité des 80’s et de l’avoir enfoncé profondément dans la gueule d’un public aveuglé et lobotomisé, piaillant pour sa dose de rien hebdomadaire… L’horreur…

En salles depuis le 22 juillet
2015. USA. Réalisé par Chris Columbus. Avec Adam Sandler, Kevin James, Michelle Monaghan…

 


Pixels : bande-annonce VOST (Peter Dinklage… par inthefame

 

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