MOVIE MINI REVIEW : critique de Seul contre tous

MOVIE MINI REVIEW : critique de Seul contre tous

Note de l'auteur

SEUL-CONTRE-TOUS

 

 

 

Les Américains, y font rien qu’à être des grands naïfs… Ils s’imaginent que leurs dieux modernes caparaçonnés de partout, ces gigantesques brutasses défoncées aux stéroïdes qui pratiquent le football américain (ce sport de taré) en se rentrant dans la tronche à longueur de match dans un vacarme assourdissant, ne courent aucun risque traumatique au niveau du cerveau de leur tête (en même temps peut-être qu’ils croient que ces mecs n’en ont pas). Pendant des années, les vétérans se liquéfiaient dans la joie et la bonne humeur et l’indifférence générale (violences conjugales, schizophrénie et suicides à gogo, vive la vie !), jusqu’au jour où un médecin légiste d’origine nigériane débarque de nulle part et de la morgue de Pittsburgh.
Seul contre tous, c’est l’histoire édifiante et lénifiante de ce scandale. Et un produit hollywoodien dégoulinant d’académisme insupportable. Peter ‘Parkland’ Landesman est incapable de transcender son sujet passionnant. Seul contre tous se contente d’être un livre d’illustration assommant de néant artistique sur la grandeur de l’Amérique éternelle (même si elle a été utilisée par les pontes de la NFL pour masquer le scandale), la force de la foi (WTF ???) et la glorification bien hypocrite de tous les gentils David réussissant à terrasser un Goliath tout méchant et tout cynique. Mais le cynisme n’est pas que du côté des méchants puissants. Il se répand dans chaque plan de ce téléfilm insipide où l’on assiste au spectacle pathétique d’un Will Smith en perdition. Pas crédible une seule putain de microseconde, Will le has been se ridiculise dans un minimalisme baroque tout plein d’émotions frelatées et de bondieuseries délirantes.
Seul contre tous glorifie une Amérique qui n’existe pas. Une Amérique capable d’affronter et de vaincre ses démons capitalistes prêts à toutes les compromissions pour amasser le plus de zillions de dollars possible au détriment de ses sportifs, ces demi-dieux se sacrifiant pour une gloire éphémère. Le foot US se porte toujours aussi bien et le Superbowl reste et restera le plus grand show télévisuel américain, digne du visionnaire Rollerball (celui de Jewison hein ! Pas la purge aveuglante à McTiernan). Un spectacle total où les acteurs s’entretuent (à petit feu) pour le plus grand plaisir d’un public confit dans le crétinisme et abruti par la lobotomie commerciale généralisée.
OK, maintenant on sait que les mecs se liquéfient le cerveau (beaucoup plus vite que leurs fans)… Mais le spectacle continue. Et c’est pas ce mielleux Seul contre tous qui changera quoi que ce soit. Même pas la carrière en déshérence d’un Will Smith prisonnier de son passé, condamné à se ridiculiser dans les suites à venir de Bad Boys et Men in Black.

En salles depuis le 9 mars
2015. USA/Australie/Grande-Bretagne. Réalisé par Peter Landesman. Avec Will Smith, Alec Baldwin, Albert Brooks…

 

 


Seul contre tous : bande-annonce VOST par inthefame

 

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