MOVIE MINI REVIEW : critique de Sleeping Giant

MOVIE MINI REVIEW : critique de Sleeping Giant

Note de l'auteur

SLEEPING-GIANT

 

 

 

Teenagers de la Terre, tenez-vous par la main et multipliez à l’infini vos conneries d’adolescents turbulents rongés par l’acné (qu’on la voit jamais dans les films), les hormones en furie (ça, no problemo, on ne voit que ça) et ce putain de besoin viscéral de se rebeller (comme un rite de passage) devant ce putain de monde adulte, devant cette mort (plus que) symbolique que représente la fin de l’innocence, la fin des (fausses) transgressions, la fin des expérimentations sensorielles…
Dans une nature canadienne stupéfiante de beauté brute (on est en Ontario, sur les rives du Lac Supérieur), Adam passe son été avec ses parents et ses deux potes tarés Riley et Nate… Un été indolent passé à ne rien foutre et à découvrir les effets de la bière, de la drogue, des nichons en fleurs des jeunes filles et de l’hypocrisie pathétique d’un monde adulte impitoyable… Le teenage movie ne mourra donc jamais ??? Les cinéastes nord-américains ont définitivement le truc pour réinventer ce genre cinématographique fondamental ! Le Canadien Andrew Cividino adapte son propre court métrage (avec une partie du casting) et nous transporte dans une nature féroce digne du plus cruel des contes initiatiques, où le trio de crétins va peu à peu se disloquer.
À mi-chemin entre les œuvres de Larry Clark et de Sofia Coppola, Sleeping Giant impressionne par son naturel. Par cette faculté de capter l’essence même de l’adolescence. Cette période charnière. Propice aux pires cruautés et aux pires idioties genre plonger d’une falaise de trente mètres de haut par pure provocation. Où cette sensation d’invincibilité et d’immortalité peut paradoxalement entraîner la mort…
Sleeping Giant dépeint à la perfection cette période fondatrice. Grâce à un trio d’acteurs saisissant de réalisme et grâce à une mise en scène d’une sobriété dingue. Où la symbiose entre la nature sauvage et les sentiments (tout aussi sauvages) est totale ! Comme un paradis pernicieux. Une (artificielle) bulle de liberté qui va violemment éclater pour ne laisser qu’une sensation de terreur et d’abandon. Entre découverte de la sexualité (et des frustrations qu’elle engendre), des limites à ne pas dépasser et des secrets intimes qui explosent en détruisant tout sur leur passages.
Sleeping Giant n’invente rien du tout, mais, à l’instar des bouleversants 12 and Holding et Les chansons que mes frères m’ont apprises, parvient à capter à la perfection cette période fugace… Ce rite de passage… Ce conte de fée universel où Eros et Thanatos fusionnent dans une orgie de sentiments contradictoires…

En salles depuis le 17 février
2015. Canada. Réalisé par Andrew Cividino. Avec Jackson Martin, Nick Serino, Reece Moffett…

 


Sleeping Giant – bande annonce – VOST – (2016… par NoPopCorn

 

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