MOVIE MINI REVIEW : critique de Suburra

MOVIE MINI REVIEW : critique de Suburra

Note de l'auteur

SUBURRA

 

 

 

Novembre 2011. Un pape tout vieux aux cheveux blancs (on pense très fort à Benoit XVI) s’apprête à annoncer sa renonciation ! C’est l’apocalypse au Vatican ! Mais une autre apocalypse sourd en même temps dans les bas-fonds politico-mafieux d’une Rome exsangue… Une loi, a priori anodine, doit passer au parlement avant la chute du gouvernement en place. Une loi servant les intérêts financiers de la Mafia. Mais une nuit de débauche d’un député érotomane (aboutissant sur la mort par overdose d’une prostituée mineure) va venir foutre un bordel pas possible ! Différents clans vont alors se déchirer et s’entretuer gaiement dans une capitale abandonnée à l’enfer de la corruption, du sang et de la violence !
Stefano Sollima (le fiston du mythique Sergio Sollima) se prend pour Michael Mann et Michael Cimino (celui de L’Année du dragon) et ressort ses plus beaux filtres 80’s bariolés, ses plus languissantes nappes électro-New Age, ses plans les plus langoureux et ses gunfights les plus furieux, histoire de balancer un impressionnant opéra crépusculaire (à peine) fictif !
Les destins, tous plus funestes les uns que le autres, s’imbriquent, se croisent et s’entrechoquent avec chaos dans une marche funèbre labyrinthique lardée de violence cathartique ! La lâcheté, la folie, l’avidité, l’amour et la saloperie dansent une danse sépulcrale à la fois divine et démoniaque ! Le cancer est partout ! Il ronge les âmes des politiciens véreux comme celui des putes de luxe naïves, des cardinaux fielleux, des racailles romantiques et des parrains calculateurs. Tous prêts aux pires compromissions pour survivre dans cet enfer terrestre dantesque abandonné par une Église complice…
Sollima dresse un portrait impitoyable de son pays. À l’image des magnifiques poliziotteschi 70’s. Suburra glace le sang par son réalisme et son désespoir permanent… Il n’y pas de lumière pour ces êtres maudits et tellement humains, même dans leur inhumanité crasse… Et encore moins pour une population impuissante, victime éternelle de ces complots. Impressionnant…

En salles depuis le 9 décembre
2015. Italie/France. Réalisé par Stefano Sollima. Avec Elio Germano, Alessandro Borghi, Pierfrancesco Favino…

Suburra – Bande Annonce [VOST] par Filmosphere

 

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