MOVIE MINI REVIEW : critique de Tale of Tales

MOVIE MINI REVIEW : critique de Tale of Tales

Note de l'auteur

TALE-OF-TALES

 

 

 

Il était une fois le premier « il était une fois » de l’histoire de tous les « il était une fois »… Il était une fois Le Conte des contes de Giambattista Basile. Publié au milieu du XVIIe siècle, ce Pentameron est à l’origine des œuvres mythiques des frères Grimm et de Charles Perrault. Un recueil regroupant les premiers contes légendaires de la civilisation occidentale, où le stupre délirant (vive les nichons !) et le fantastique débridé (vivent les monstres ! Certains avec des nichons !) s’enlacent langoureusement au fil d’histoires pleines de cruauté et d’humanité, où l’amour (souvent impossible) irradie de mille feux.
Il était une fois Matteo Garrone. Il était une fois un réalisateur remarqué (coucou Gomorra et ses mafieux siciliens pathétiques) qui décida de faire découvrir cet auteur inconnu au-delà des frontières italiennes. Il était une fois Tale of Tales. Trois histoires s’entremêlent. Une reine folle de ne pouvoir procréer. Un roi qui abandonne sa fille chérie dans les griffes d’un ogre au profit de sa puce géante de compagnie. Un roi libidineux/queutard insatiable tombant amoureux de la voix enchanteresse d’une vieillarde arriviste… Eros et Thanatos dansent la danse de l’amour et de la mort dans ces délires délirants hantés par les fantômes de Jodorowsky, de Pasolini, d’Italo Calvino et de David Lynch…
Bref. Matteo Garrone avait de l’or dans les mains. Et il l’a transformé en plomb… Comme un antialchimiste écrasé par son égo et ivre de son absence de talent. Garrone détruit littéralement la puissance paillarde et incandescente des contes de Basile pour les transformer en machin grandiloquent et désincarné. On se ballade dans un musée austère et guindé alors que l’on devrait gambader librement dans la folie libératrice de l’âme humaine. Une putain de catastrophe ambulante, engoncée dans une prétention de chaque instant. Garrone enchaîne paresseusement les tableaux désincarnés, en totale contradiction avec la paillardise et la violence sanguinaire des œuvres originales. Malgré quelques fulgurances visuelles « Gilliamesques » parsemées de-ci de-là, Tale of Tales se perd corps et âme dans une bienséance bourgeoise méprisante. Elles sont où la truculence et la méchanceté surréaliste bordel ? On les devine… Mais Garrone, en mode Tarsem Singh de supermarché obnubilé par une reconnaissance « festivalesque » officielle, les noie sous un tsunami de lourdeur et de fausse subversion.
Au moins tous ces crétins ne chantent pas tout le temps leur désespoir comme dans la purgeasse intergalactique Into the Woods Mais le sentiment de trahison est le même…
Il était une fois un chef-d’œuvre…  Il était une fois un tocard… Il était une fois Matteo Garrone… Il était une fois Tale of Tales!!

En salles depuis le 1er juillet
2015. Italie/France/Grande-Bretagne. Réalisé par Matteo Garrone. Avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones…

 

 


Tale Of Tales, Bande Annonce VOST par DailyMars

 

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