MOVIE MINI REVIEW : critique de The Assassin

MOVIE MINI REVIEW : critique de The Assassin

Note de l'auteur

THE-ASSASSIN

 

 

 

Quand le chouchou des festivals de cinéma du monde mondial Hou Hsiao-Hsien s’attaque au mythique wu xia pian (le film de sabre chinois, popularisé par les films virevoltant produits par la Shaw Brothers dans les 70’s et remis au goût du jour par des films esthétisants comme Tigre et Dragon). On peut s’attendre à un résultat détonnant… Et on n’est pas déçu du voyage ! Hou Hsiao-Hsien tente le post-méta-truc langoureux et nous balance une œuvre cérébrale d’une lenteur de paresseux défoncé au tranquillisant pour calamar géant névrosé par le réchauffement climatique…
C’est l’ère de la dynastie Tang (les ancêtres des inventeurs du jus d’orange en poudre). Une tueuse impitoyable (qui tue jamais personne) retourne dans son bled natal pour exécuter son ex-fiancé devenu roitelet de la province. Perdue entre sa mission et ses sentiments, la guerrière qui dit Nie (c’est comme ça qu’elle s’appelle) va devoir choisir son destin et affronter les ronflements pachydermiques des spectateurs assommés par la prétention dégueulasse qui imprègne la moindre image de ce foutage de gueule auteurisant comme on en voit rarement.
Les ambitions formalistes de Hou Hsiao-Hsien sont claires (et hautement estimables). Tenter de transcender le wu xia pian en le fusionnant avec le chambara japonais immortalisé par l’immense Akira Kurosawa. Mais le résultat s’avère catastrophique. The Assassin combine le pire du wu xia pian (du nawak scénaristique dégoulinant de romanesque mielleux) et du chambara (une mise en scène opératique pulvérisant la temporalité pour la métamorphoser en transe mystico-mongolo). La torpeur qui imprègne The Assassin ferait passer l’iconique intro de Il était une fois dans l’ouest pour la crise d’épilepsie stroboscopique d’un cocaïnomane défoncé au cristal meth filmée par Danny Boyle !!! Bref, c’est du grand nawak. The Assassin alterne plans fabuleux et images crasseuses (voire carrément dégueulasses) et se perd dans un délire fantasmagorique grotesque (Nie joue les spectres exterminateurs dans un monde onirique crépusculaire) que vient flinguer une plongée insensée dans le surnaturel (coucou le nuage qui tue !!!). Hou Hsiao-Hsien, son actrice fétiche Shu Qi (aussi expressive qu’une courgette transgénique), son nombril et son ego surdimensionné s’imaginent rivaliser avec les fabuleuses adaptations shakespeariennes d’Akira Kurosawa (genre Ran ou Le Château de l’araignée) et Orson Welles (genre Macbeth ou Othello). Mais avec son intrigue minimaliste incompréhensible (tirée d’un conte ancestral) et sa prétention intergalactique, The Assassin plonge dans les abysses de la vanité virtuose. Une putain de baudruche soporifique fondamentalement méprisante pour un genre cinématographique populaire (flirtant avec l’exploitation) qui n’a pas besoin de toutes ces affèteries mégalomaniaques pour exister… L’arnaque…

En salles depuis le 9 mars
2015. Chine/Taiwan/Hong Kong/France. Réalisé par Hou Hsiao-Hsien. Avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou…

 

 


The Assassin – Trailer VOST / Bande-annonce (2016) par NoPopCorn

 

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