MOVIE MINI REVIEW : critique de Un homme très recherché

MOVIE MINI REVIEW : critique de Un homme très recherché

Note de l'auteur

UN-HOMME

 

 

 

Hambourg, port industriel colossal situé aux confluents de l’Elbe, de l’Alster et de la Bille non loin de la Mer du Nord et de sa page Wikipédia… Cité cosmopolite fondée en 830 qui a vu éclore les légendaires Beatles et les non moins légendaires terroristes du 11 septembre… Hambourg, ville sous haute surveillance quoi!
Un jour, un jeune migrant sort littéralement des flots qui ont fait de Hambourg le neuvième port du monde. Et sa présence va mettre en éveille puis en effervescence puis en mode hystérie totale les innombrables services secrets qui scrutent inlassablement la ville. Des officines mystérieuses et ennemies, qui préfèrent se combattre entre elles plutôt que démanteler les cellules terroristes. Les pérégrinations mystérieuses du jeune tchétchène barbu mutique (il a tout pour lui ce garçon!) vont déclencher un cataclysme. Un cataclysme mou. Mais un cataclysme bien réel. Un cataclysme implacable. Et Günther (le génial Philip Seymour Hoffman), chef d’un service de contre-espionnage allemand, tel un marionnettiste de l’ombre, va tenter ce contrôler ces évènements labyrinthiques dignes d’un roman de John Le Carré (ça tombe bien c’est lui qui a écrit le livre dont le film est l’adaptation). Le truc, c’est qu’il lui reste un semblant d’humanité à Günther, cet homme ravagé par la vie et hanté par les fantômes de son passé (le parallèle avec le destin funeste de Philip Seymour Hoffman n’en est que plus troublant).
Comme d’habitude avec Le Carré, les personnages se démènent, sans réel espoir, dans une gigantesque toile d’araignée invisible (le monde torve du renseignement). Anton Corbijn (le bouleversant CONTROL et on va gentiment oublier THE AMERICAN) plonge dans la banalité ultra-spectaculaire de cet univers clos aussi terrifiant qu’envoutant. Il ne se passe jamais rien de renversant. Tout se joue en coulisse, au cours de réunions interminables entre bureaucrates égocentriques persuadés de sauver le monde. Et la mise en scène clinique de Corbijn illustre à merveille ce quotidien gris et jaunasse (vive l’Allemagne, patrie de Tatort et Derrick) où tout se passe hors champ.
Les destins individuels n’existent plus. Ils sont systématiquement méprisés puis broyés pour un soit-disant bien commun que l’on ne voit jamais arriver. Tuer un moustique avec une bombe à neutrons, ça marche sur l’instant. Mais pour combien de dommages collatéraux et d’incertitudes futures? On sort désespéré de cette chasse à l’homme. Ces espions triturent le monde dans le seul but de préserver leurs propres existences, et jamais pour le rendre meilleur. Un constat accablant pour un thriller d’une froideur mortifère!

En salles depuis le 17 septembre
2014.Allemagne/USA/Grande-Bretagne. Réalisé par Anton Corbijn. Avec Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Grigoriy Dobrygin…

 

La critique à Mika c’est par là!

 

 

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