MOVIE MINI REVIEW : critique de While We’re Young

MOVIE MINI REVIEW : critique de While We’re Young

Note de l'auteur

WHILE

 

 

 

Noah Baumbach continue son périple New Yorkais au pays des artistes bourgeois friqués hipsters-bidules en pleine crise existentielle… Après la tétanisante destruction de la cellule familiale des Berkman se séparent et les errances mélancoliques de la danseuse France Ha, Noah nous propose un nouveau conflit de générations pittoresque (coucou le superficiel Greenberg, déjà avec Ben Stiller) ! Un couple de quadragénaires aisés (lui documentaliste sans documentaires et elle productrice sans productions) rencontre leur double démoniaque de 25 ans, tout aussi tranquille niveau finance ! Une relation étrange, à la fois professionnelle (le jeune type fait aussi des documentaires) et intime va se nouer entre ces quatre personnes qui se reconnaissent les unes dans les autres, pour le meilleur et pour le pire.
Lorgnant constamment, et avec une finesse d’hippopotame défoncé au crystal meth’, sur le New York cinématographique 80’s de Woody Allen (côté introspection) et de Jonathan Demme (côté explosion multiculturelle, coucou le génial Veuve mais pas trop), Noah Baumbach nous embarque dans une fable rétro étrange, à la fois sincère et totalement artificielle.
C’est que le monde ultra-protégé de ces artistes indolents vivant dans une espèce de bulle paradisiaque toute blanche dessert le propos désenchanté et corrosif. L’absence de réalisme tire constamment While We’re Young vers l’anecdotique et l’esbroufe arty-branchouille. C’est dommage. Film générationnel sur les renoncements, les frustrations et l’incompatibilité entre quadragénaires et « vingtenaires » virent au conflit vaporeux quoique violent entre deux visions du monde. L’une, celle des « vieux cons », paradoxalement naïve et l’autre, celle des « petits cons », tristement cynique et prête à toutes les compromissions pour réussir. Les vieux deviennent des étrangers dans leur propre univers, supplantés qu’ils sont par la génération suivante qui les vampirise éhontément comme le premier bodysnatcher qui passe.
Une grande idée, pleine de noirceur, malheureusement traitée par-dessus la jambe. While We’re Young oscille entre rêve et cauchemar. Les héros (Ben Stiller et Naomi Watts) se reconnaissent dans leurs doubles plein de vie (Adam Driver et Amanda Seyfried) et tout ça les renvoie à leurs propres démons intérieurs et leurs propres échecs. Mais Noah Baumbach préfère s’ébrouer dans la comédie de mœurs cynique et nostalgique. Avec une pointe de discours moralisateur (les mêmes scories que Greenberg)… Condescendant et superficiel quoi !

En salles depuis le 22 juillet
2015. USA. Réalisé par Noah Baumbach. Avec Ben Stiller, Naomi Watts, Amanda Seyfried…

 

 


Bande-annonce : While We’re Young – VOST par PremiereFR

 

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