MOVIE MINI REVIEW : critique de White God

MOVIE MINI REVIEW : critique de White God

Note de l'auteur

WHITE-GOD

 

 

 

Une fillette erre à bicyclette dans une ville fantôme… Soudain une meute infernale de chiens errants surgit de nulle part et commence à la poursuivre… Bienvenu dans WHITE GOD, étrangeté hongroise qui flirte avec le ciné indé clichetonneux et l’exploitation délirante (ici l’attaque d’animaux, sous genre malade initié par le matriciel et traumatisant LES OISEAUX d’Hitchcock).
Lili a les boules. Sa mère l’abandonne, elle et son chien chien chéri Hagen, à son asocial de père. Un père qui abandonne sans pitié le clébard au détour d’une rue glauque… Kornél Mundruczó va nous conter le destin parallèle et fusionnel de Lili et Hagen, ces deux êtres liés par une force psychique surnaturelle. Et comme la vie c’est bien souvent dégueulasse, ils vont souffrir. Hagen va être transformé, au gré de ses rencontres, en chien de combat sanguinaire et Lili, pré-ado en souffrance, va faire l’expérience traumatisante de la maturité.
Quel putain de film étrange! WHITE GOD (qui se réfère au génial WHITE DOG de Samuel Fuller), fable initiatique tarée, manipule le spectateur en alternant les genres les plus éculés… On passe du pure ciné indé paresseux à une version branchouille de LASSIE pour finir dans le fantastique hardcore sanguinolent. L’anthropomorphisme hallucinant est de sortie. D’abord ridicule (coucou CHEVAL DE GUERRE) et délibéré pour plonger subitement dans l’effroi le plus absolu.
Hagen le bâtard passe de chien fidèle naïf au statut de révolutionnaire sanguinaire. Un Spartacus qui remue la queue tout en égorgeant ses geôliers. Un César canin qui se lance dans un remake tétanisant de réalisme de LA PLANÈTE DES SINGES : L’AFFRONTEMENT.
Ce putain de white god, c’est cette saleté de société humaine qui formate, maltraite et dresse impitoyablement ses propres enfants pour en faire des machines désincarnées aptes à s’intégrer docilement ou à se métamorphoser en machine de mort. Si, in fine, les trompettes de l’apocalypse résonnent dans un climax bouleversant, c’est dans un émouvant but salvateur et rédempteur. Magnifique quoi!
Faisez gaffe à votre yorkshire les gens! Il y a pitêtre une étincelle de Che Guevara féroce dans ses pitits yeux mignons…

En salles depuis le 3 décembre
2014. Hongrie/Suède/Allemagne. Réalisé par Kornél Mundruczó. Avec Zsófia Psotta, Sándor Zsótér, Body…

 

 

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