MOVIE MINI REVIEW : critique de Zootopie

MOVIE MINI REVIEW : critique de Zootopie

Note de l'auteur

ZOOTOPIA

 

 

 

Bienvenue à Zootopie, la nouvelle citée idéale à la Disney company (on oublie la techno-mongolo-nostalgique Tomorrowland). Une mégapole dégoulinante de perfection et d’anthropomorphisme dégueulasse. Alors donc les mammifères (seulement eux ???) ont tous fait la paix (WTF ???). Les prédateurs acceptant de ne plus dévorer les herbivores de tout poil (sérieusement ? Ils mangent quoi maintenant ?). Ils vivent dorénavant tous ensemble le plus pacifiquement du monde dans leur cité à géographie et architecture variable (nan mais c’est quoi cette substance hallucinogène merveilleuse que s’envoient les scénaristes de ce truc ? On la trouve où ça ? Je veux la même !). Mais les clichés ont la vie dure.
Judy, lapine de poche rêve de devenir flic de la police. Mais c’est pas gagner dans ce monde régit par les apparences. La détective de choc, alliée à un gentil escroc, va devoir faire ses preuves… Et c’est parti pour un tsunami de bons sentiments dégoulinant de crétinisme et de contresens apocalyptique. C’est que ce Zootopie, qui se présente comme une ode à la différence, n’est fondamentalement qu’un délire conservateur hallucinant de plus. Les lapins sont mignons (et semblent les seuls à se reproduire), les renards sont rusés, les fouines sont vicieuses et les fonctionnaires sont (littéralement) des paresseux.
Encore bravo les mecs ! Réussir à filmer l’exact contraire de ce qu’on est censé vouloir dire, là, fallait le faire. Et tout ça doublé de ce moralisme insupportable et de ce sempiternel culte idiot du rêve américain. Dans un monde simpliste à en crever, Byron Howard, Rich Moore & Jared Bush emballent ce nawak digital dans un humour bon enfant et un graphisme magnifique à défaut d’être original.
Cette tentative gonflée de (faussement) réinventer l’anthropomorphisme est particulièrement énervante. Zootopie ou le feel good movie à tendance politico-philosophique qui fait l’apologie de ce qu’il dénonce !!! Ce monde orwellien parfait, sans aucune mixité et totalement asexué, a quelque chose d’insoutenable. La bouillie indigeste (et communautariste) qui sert de scénario est masquée à la perfection… L’utopie de Zootopie fait froid dans le dos. Le message est plus insidieux que jamais. Après l’eugénisme taré de Tomorrowland, Zootopie fait l’apologie du monde parfait que pourrait être un Disneyland globalisé. Quitte à remplacer la brutalité nihiliste du monde contemporain par la dictature féroce de la gentillesse. Par un monde manichéen et désespérément bête. On sort de ce truc avec un sentiment ambivalent. Celui de s’être (beaucoup) amusé tout en se faisant (beaucoup) manipulé. Comme d’habitude avec l’empire Disney quoi !

En salles depuis le 17 février
2016. USA. Réalisé par Byron Howard, Rich Moore & Jared Bush. Avec les voix de Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Idris Elba…

 

La critique à Jane c’est par là…

 


ZOOTOPIE bande-annonce 2 VO par Ecranlarge

 

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