MOVIE MINI REVIEW : critique d’Enragés

MOVIE MINI REVIEW : critique d’Enragés

Note de l'auteur

ENRAGES-UNE

 

 

 

Dans le genre remake taré et totalement inutile, les producteurs hollywoodiens ont placé la barre très mais alors très très très très haute ces dernières années… Mais c’était sans compter sur nos splendides « zauteurs » made in France qui n’hésitent pas à rivaliser dans le nawak de compétition et le navet stratosphérique. Derrière le gourou de la purgeasse mercantile et de l’autoremake virevoltant Luc Besson, quelques francs-tireurs exaltés du cerveau se sont attelés à cette discipline hasardeuse (coucou la version bariolée du Deuxième souffle). Alors qu’à la surprise générale, Antigang (signé Benjamin Rocher) parvenait à s’émanciper de la connerie fascisante de son modèle briton (l’immonde The Sweeney), c’est au tour d’Éric Hannezo de se lancer, pour son premier film, à l’assaut de l’un des plus grands chefs-d’œuvre malsains du cinéma, le posthume et traumatisant Cani Arrabbiati du génial Mario Bava.
Bon, le truc c’est que le gars Éric là, qui vient de la télé (il a collaboré un temps à Stade 2 !!!), il a rien compris au film séminal du grand Mario. Plutôt que d’essayer de transcender l’atmosphère délétère, infernale et sexuelle de l’original, Éric le formaliste dégénéré a préféré nous balancer à la tronche le manuel définitif du parfait tâcheron.
Déjà, on oublie le huis clos suffocant. Mais alors complètement. Hannezo, qui se prend pour le digne successeur de Michael Mann, Johnnie To, Takeshi Kitano et Nicolas Winding Refn plonge dans un formalisme psychotronique bling bling dégueulasse qui rend aveugle pour nous offrir un bukkake tsunamique de références assimilées n’importe comment. Un spectacle d’une vulgarité et d’une bêtise venue tout droit de la galaxie du Centaure. Enragés, qui ressemble à une caricature de clip de rap west coast 90’s moldave, abandonne toute forme de réalisme pour se vautrer gaiement dans le navet conceptuel. Le thriller métaphysique nanardeux d’une prétention savoureuse.
Dans une contrée utopique franco-américaine surréaliste (ce truc a été tourné au Canada), des braqueurs mongolo (joués par un trio de protozoaires dépressifs au charisme de rognures d’ongles mous), pourchassés par les flics de la police incompétents, prennent une brochette d’otages (dont les pauvres Lambert Wilson et Virginie Ledoyen qui se ridiculisent avec un professionnalisme impressionnant) et tentent de survivre aux rebondissements les plus dégueulasses de l’histoire du polar français. Tout ce petit monde s’affranchit de ce machin utile qu’on appelle cohérence pour partir s’ébrouer dans la prétention atomique, les flash-backs traumatisants rougeoyant de connerie et la consternation permanente ! Avec ce truc proprement incroyable, cette trahison invraisemblable, Éric Hannezo rentre directement et pour longtemps au panthéon mondial du monde des ringards instantanés, des massacreurs conceptuels dont l’arrogance prend carrément ici des proportions bibliques !!! Un monument !

En salles depuis le 30 septembre
2015. France/Canada. Réalisé par Éric Hannezo. Avec Lambert Wilson, Guillaume Gouix, Virginie Ledoyen…

 

 


ENRAGES – Bande-Annonce Officielle [VF|HD1080p] par Lyricis

 

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