MOVIE MINI REVIEW : Godzilla

MOVIE MINI REVIEW : Godzilla

Note de l'auteur

GODZILLA

 

De tous les monstres mythiques du cinéma, le tyrannosaure marin radioactif géant Godzilla (Gojira en version originale) est (presque) le plus mythique (coucou le séminal King Kong 1933, mais oui c’est toi le plus beau mon choupinou!). Déjà remaké n’importe comment par ce grand malade mental de Roland Emmerich (sa version pop trépanée  100% 90’s reste néanmoins l’un de ses meilleurs films), le gros dino mutant de l’ère atomique qui crie très très très très très fort revient nous faire coucou et ravager quelques mégapoles américano-nippones terrifiées. Et c’est le passionnant Gareth Edwards, auteur du magnifique MONSTERS, qui le ressuscite en version digitalo-3D-bidulesque qui sert à rien comme d’habitude.

Mais y a un piège! Un piège potentiellement fatal autour de Godzilla le gentil exterminateur. Tout le monde connait son nom, tout le monde sait à quoi il ressemble et tout le monde a déjà vu des extraits, 100% cheesy, des innombrables prods japonaises. Mais (presque) personne n’a vu un de ses films originaux en entier. D’où le risque d’incompréhension. Voire de rejet total du film à Gareth. Parce que Gareth, là, il y est allé fort! Fort dans le respect maladif de son illustre modèle (en fait ce GODZILLA 2014 est un remake presque fidèle du film de 1954 réalisé par le mythique Ishirô Honda). Fort dans le classicisme 50’s inébranlable (avec la prodigieuse musique « Herrmanesque » signée Alexandre Desplat). Et fort dans son propre univers. Un univers ambitieux, et respectueux du spectateur, à des années lumières du premier blockbuster décérébré et formaté qui passe (coucou Marvel, ça va ou bien?). C’est qu’il est ambitieux Gareth…
Il manie l’ellipse et la frustration (quasi systématique) à outrance. Son GODZILLA reste perpétuellement à hauteur d’homme. On vit une apocalypse totale, poétique et violente, collés aux basques d’un héros impuissant (l’indestructible et quand même un peu insipide Aaron Taylor-Johnson). Un peu comme l’étourdissante première partie de LA GUERRE DES MONDES à Spielberg et beaucoup comme MONSTERS. Et c’est phénoménal!
Et blindé de plans iconiques tétanisants de beauté crépusculaire. Mais c’est aussi la grande limite du film. En maniant trop la frustration et l’attente, ben on risque de frustrer et d’ennuyer ses spectateurs.
Gareth fuit le fan service idiot (la grande faiblesse du navet PACIFIC RIM). Mais son montage déstabilisant peut engendrer un certain énervement. C’est qu’on l’attend quand même un peu trop, ce Godzilla. Mais on n’est pas déçu. Magnifié comme une divinité païenne animiste, à la fois destructrice et protectrice (coucou le dieu/cerf de PRINCESSE MONONOKE) ce monstre régulateur d’un équilibre planétaire fait du catch avec les cousins germains du monstre à CLOVERFIELD dans les ruines fumantes et sur les cadavres sanguinolents d’un San Francisco supplicié. Le spectacle est total. Épuisant, étouffant… Mais aussi trop respectueux de son illustre modèle… Le clone multi-zillionnaire de MONSTERS quoi! Un truc qui pulvérise en un clin d’œil les Marveleries interchangeables qu’on se fade depuis un (trop long) moment. Mais aussi un film froid et (trop) cérébral et trop classique (c’est pratiquement impossible de transcender ce genre horriblement codifié). Bref un film étrange. Fascinant et aussi (un peu) frustrant…

En salles depuis le 14 mai
2014. USA/Japon. Réalisé par Gareth Edwards. Avec Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Bryan Cranston…

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