MOVIE MINI REVIEW : Ilo Ilo

MOVIE MINI REVIEW : Ilo Ilo

Note de l'auteur

 

 

 

Singapour, 1997. La crise asiatique (et bientôt mondiale). Une famille de la classe moyenne en plein trouble (maman enceinte jusqu’aux yeux et papa au chomage) engage Teresa une nourrice/boniche/esclave domestique, venue des Philippines, pour s’occuper de Jiale, le jeune fils/enfant roi incontrôlable super turbulent.
Chronique familiale étourdissante de délicatesse et de pureté, ILO ILO fait penser à l’immense et un peu oublié YI YI et aussi aux œuvres du fantastique Hirokazu Koreeda (NOBODY KNOWS, I WISH). Comme dans le chef d’œuvre du regretté Edward Yang (décédé en 2007) on vit littéralement avec cette famille dysfonctionnelle. Pas d’artifice de scénario, jamais de jugement de valeur, pas de gentils, pas de méchants. Juste une famille en perdition suivie un laps de temps précis. La vie, la vraie bordel. Aussi banale (l’étouffant quotidien familial), dure (la misère qui se propage inexorablement), émouvante (la relation entre Jiale et sa mère de substitution) et délicieusement surréaliste par moments (la collection extravagante du gamin, clin d’œil au jeune héros de YI YI).
Pour son premier long métrage (Caméra d’Or à Cannes ok!) Anthony Chen nous balance un truc stupéfiant de délicatesse et de justesse avec en filigrane un portrait impressionnant et impitoyable de Singapour, ce micro pays dictatorial totalement inconnu et totalement terrifiant. C’est juste bouleversant. Ça déborde d’humanité… On sort renversé par cette tranche de vie magnifiquement banale et ce spectacle intime à la mise en scène brillantissime (jamais de plans manipulateurs, jamais de pathos). Un des grands films de l’année…

En salles depuis le 4 septembre.
2013. Singapour. Réalisé par Anthony Chen. Avec Koh Jia Ler, Angeli Bayani, Tian Wen Chen…

 

 

 

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