MOVIE MINI REVIEW : Inside Llewyn Davis

MOVIE MINI REVIEW : Inside Llewyn Davis

Note de l'auteur

 

 

 

« T’aurais vraiment du fermer ta gueule! »
C’est (dans les grandes lignes) le reproche qu’un inconnu en costume noir assène à Llewyn Davis avant de lui défoncer sa petite gueule de hipster barbu dans l’arrière court d’un obscur bar folk new-yorkais du début des 60’s. Fermer sa gueule, c’est malheureusement la seule chose qu’est incapable de faire Llewyn, chanteur/loser qui s’est perdu dans une pathétique carrière solo après la disparition de sa moitié de duo. Bref Llewyn, c’est la lose incarnée. Digne d’un héros de chanson de cette scène folk hardcore (voix/guitare sèche), sœur redneck-white trash du blues afro américain (pour résumer vraiment vraiment succinctement).
Ce chanteur, en voie de clochardisation avancée erre dans sa tête et dans New York. Une odyssée cérébrale, masochiste, mélancolique, cruelle, décalé et futile… Comme la vie quoi! Après le tétanisant A SERIOUS MAN et son père de famille plongé dans les emmerdes kafkaïennes jusqu’au cou, les frangins Coen continuent leurs portraits acerbes et chaleureux de tocards magnifiques. Mais cette fois, finis les affèteries et les artifices (les fatalités bigger than life). Place au réalisme et au dépouillement. C’est qu’il ne se passe rien du tout dans ce truc. Mais en même temps tellement d’événements cruciaux pour la pauvre vie de ce pauvre Llewyn, artiste talentueux en perdition, comme émotionnellement hémiplégique depuis la fin de son duo. Et c’est précisément cette absence totale de spectaculaire qui devient fascinante et bouleversante..
Lavés (mais pas trop) de leur style si reconnaissable, les Coen s’adonnent à l’épure et à l’ascétisme stylistique. Un ascétisme incandescent. Oscar Isaac (qui interprète lui-même ses chansons) est fantastique de lâcheté, de cruauté, d’espoir, d’autodestruction et d’humanité. Avec INSIDE LLEWYN DAVIS, les Coen atteignent une espèce de plénitude cinématographique absolue. Ils s’effacent totalement derrière leurs personnages (leur humour à froid et iconoclaste est toujours là). Quelle pureté bordel!!! Magnifique…

En salles depuis le 6 novembre
2013. USA/France. Réalisé par Joel & Ethan Coen. Avec Oscar Isaac, Carey Mulligan, John Goodman…

 

Sinon la critique à Raymond c’est par là!

 

 

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