MOVIE MINI REVIEW : La belle et la bête

MOVIE MINI REVIEW : La belle et la bête

Note de l'auteur

 

 

 

La mode des remakes inutiles ne sévit pas seulement aux USA. Notre bonne vieille France est capable de se lancer, elle aussi, dans des bidules grandiloquents (papy Seydoux produit un écrin à la gloire de sa petite-fifille Léa) voulant surfer sur la nostalgie et le patrimoine artistique national.
Le cinéaste cinéphile Christophe Gans s’attaque à un monument du cinéma mondial, déjà remaké pour les morveux par Disney, LA BELLE ET LA BÊTE. Avec son budget mirobolant et ses orgies de CGI bizarres Gans tente de surpasser Cocteau. Du moins rivaliser avec lui. Le truc qui cloche c’est que cette version, totalement édulcorée et puérile, s’apparente plutôt à une photocopie du film Disney (persos secondaires 100 % mignons et 100% inutiles inclus). Malgré ses efforts manifestes, Gans est un réal généreux, son film n’arrive jamais à se dépêtrer d’un infantilisme atomique et d’une imagerie gothico-mongolo artificiellement boursouflée aux pixels frelatés. Entre une esthétique pompée éhontément, au mieux sur les pires films de Tim Burton (ALICE AU PAYS DES MERVEILLES) et de Sam Raimi (LE MONDE FANTASTIQUE D’OZ), au pire sur une vulgaire publicité pour parfum de supermarché et un scénario horriblement linéaire et naïf Gans se noie au fil de son film dans dans le pompiérisme. Incapable d’insuffler le moindre souffle de vie (le grand défaut de tous ses films) Gans déroule (littéralement) les pages d’un immense livre d’images. Des images parfois magnifiques (certains décors du château sont époustouflants) mais bien souvent d’une lourdeur pachydermique et aussi indigeste qu’un pudding au béton armé.
Perdu dans ses références (Miyazaki, Burton, Miyazaki, Raimi, Miyazaki, Bava et Miyazaki pour faire court, sinon y a Miyazaki aussi) Gans, Christophe Gans n’existe jamais. Ce fantastique cinéphile, passionné et passionnant, foire systématiquement ses réalisations beaucoup trop référentielles. Et livré à lui-même, il dirige n’importe comment ses acteurs (au secours les dialogues théâtraux et les deux insoutenables frangines sidekicks pas drôles). Quel dommage ! Les rares instants de grâce (et il y en a!) sont systématiquement filngués par d’atroces fautes de goût (coucou la robe brocoli toute che-mo, coucou le look raté de la bête, entre le castor renfrogné et le chaton hirsute, coucou la musique omniprésente, sursignifiante et insupportable). Et le final 100% WTF emporte tout sur son passage. Trop plat, trop bariolé, trop artificiel… Gans passe à côté de son sujet et oublie la noirceur et l’ambiguïté indispensables aux contes immortels. Et c’est pas en mélangeant n’importe comment tout et n’importe quoi (BLANCHE NEIGE, CENDRILLON, LA PETITE SIRÈNE et des zillions de trucs) que l’on aboutit forcément à quelque chose de cohérent. Le seul à détenir cette martingale cinéphilique, c’est Tarantino et personne d’autre. Gans et Jean-Pierre Jeunet (coucou Jean-Pierre!) souffrent du même mal. Le formalisme vide, la nostalgie visuelle… Ils n’ont aucune vision personnelle ni aucune conscience politique ou sociétale. C’est leur malédiction. Leur œuvres ne sont que des suites d’illustrations très belles mais totalement désincarnées. C’est bien dommage…

En salles depuis le 12 février
2013. France/Allemagne. Réalisé par Christophe Gans. Avec Vincent Cassel, Léa Seydoux, André Dussollier…

 

La critique à InTheBlix c’est par là…

 

 

Partager