MOVIE MINI REVIEW : Lone Ranger – Naissance D’Un Héros

MOVIE MINI REVIEW : Lone Ranger – Naissance D’Un Héros

Note de l'auteur

 

 

 

Quand le trio multi zillionnaire Bruckheimer/Verbinski/Depp, à l’origine de la franchise tarée, lucrative et spectaculaire PIRATES DES CARAÏBES s’attaque au western, le plus grand mythe cinématographique mondial de l’univers de la galaxie, les CGI délirants, les invraisemblance scénaristiques atomiques et les neurones en déliquescence pleuvent de partout!!! Mais transposer les délires spectaculaires et romanesques totalement acceptés dans les films de pirates (malgré une réalité historique assez dégueulasse), dans le far west relève carrément de l’impossible. Comment rester léger avec en toile de fond le génocide indien, l’esclavagisme et l’exploitation immonde de la main d’œuvre chinoise…
John Reid, jeune blanc-bec de la ville (San Francisco, éternelle babylone US avec New York) retourne au Texas (l’État des bouseux dégénérés, le cœur éternel de l’Amérique) en pleine folie ferroviaire. Après le meurtre de son frangins, cette grande endive blonde transgénique (le bellâtre transparent Armie Hammer) va se transformer en impitoyable héros masqué affublé d’un horrible chapeau blanc, d’un cheval blanc iconoclaste et d’un side kick comanche mutique et philosophe, Tonto (Johnny Depp en mode auto-caricature pas drôle un seul putain d’instant).
Verbinski essaie de transposer littéralement l’atmosphère légère et spectaculaire de PIRATES DES CARAÏBES dans les décors époustouflants de Monument Valley. LONE RANGER devient très vite un truc étrange, une créature difforme, fascinante dans son imperfection malsaine, un mélange détonnant entre pur fun et sauvagerie crasse. On passe régulièrement de l’attraction délirante de parc d’attraction (suivez mon regard) à la description impitoyable d’un pays construit sur la mort (des indiens) et sur l’exploitation dégueulasse des minorités. Ou quand la fantasmagorie disneyenne copule avec le réalisme historique honteux…
Et cette engeance improbable, fruit de cette relation contre nature, c’est LONE RANGER. Ni film pour enfants (les morts sanguinaires s’enchainent à un rythme soutenu), ni pamphlet anarchiste (on est dans une production Disney quand même). Un truc bizarre… Une version édulcorée des œuvres de Sam Peckinpah (LA HORDE SAUVAGE, sans les torrents d’hémoglobine) et de Sergio Leone (IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L’OUEST, pompé n’importe comment du début à la fin). Édulcorée dans la forme mais pas dans le fond. Résultat, LONE RANGER ne s’adresse réellement à personne. Ce truc est un entre-deux détonant. Un nanar friqué épuisant de crétinisme (le climax est un plagiat épuisant de néant de l’incroyable intro du deuxième PIRATES DES CARAÏBES et de l’inoubliable poursuite en wagonnets d’INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT) et un (petit) brûlot politiquement incorrecte. Résultat cataclysmique (au box office) assuré! Trop de violence graphique pour les gamins et trop de crétinisme pour les adultes… On appelle ça un bide intergalactique! Quel drôle de truc…

En salles depuis le 7 août
2013. USA. Réalisé par Gore Verbinski. Avec Johnny Depp, Armie Hammer, William Fichtner…

 

 

 

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