MOVIE MINI REVIEW : Lore

MOVIE MINI REVIEW : Lore

Note de l'auteur

 

 

Quel sujet spectaculairement casse-gueule…  Allemagne 1945. La débâcle. Une famille de dignitaires nazis se réfugie dans une ferme. Les parents sont rapidement arrêtés (et probablement exécutés)… Lore, l’ainée de la fratrie, doit traverser l’Allemagne en ruine avec ses frères et sœurs (dont un bébé) pour tenter de retrouver sa grand-mère… Adapté d’un segment du roman LA CHAMBRE NOIRE, écrit par Rachel Seiffert en 2002, LORE, réalisé par l’Australienne Cate Shortland, suit les pérégrinations champêtres, à la fois bucoliques et terrifiantes, de cette famille en perdition dans une Allemagne anéantie… Filmé au plus près de ces personnages, avec une économie de moyens qui transcende littéralement son propos, LORE est une errance élégiaque et sépulcrale inoubliable. Cate Shortland évite les pièges de la reconstitution sclérosée et ses images sont d’une poésie naturaliste (aux frontières du fantastique) bouleversante. Les fantômes de Louis Malle (LACOMBE LUCIEN), Isao Takahata (LE TOMBEAU DES LUCIOLES), Hirokazu Koreeda (NOBODY KNOWS), Gus Van Sant (LAST DAYS), Sofia Coppola (VIRGIN SUICIDES) ou Terrence Mallick (LES MOISSONS DU CIEL) rôdent avec bienveillance autour de la jeune Lore (la sublime et talentueuse Saskia Rosendahl), ado perdue entre l’amour pour ses parents, la découverte de l’Holocauste, ses premiers émois adolescents et sa lutte implacable pour sa survie. Malgré quelques affèteries de mise en scène, certains plans frisant la gratuité arty et la branchitude facile, Cate Shortland nous offre une ballade bouleversante, à la fois naïve et mortifère…

En salles depuis le 20 février
2012. Grande-Bretagne/Australie/Allemagne. Réalisé par Cate Shortland. Avec Saskia Rosendahl, Kai Malina, Nele Trbs…

 

 

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