MOVIE MINI REVIEW : Man Of Steel

MOVIE MINI REVIEW : Man Of Steel

Note de l'auteur

 

 

 

Quand les deux cinéastes les plus surestimés du moment (le prétentieux Christopher ‘THE DARK KNIGHT’ Nolan à la production et l’hystérique Zack ‘SUCKER PUNCH’ Snyder à la réalisation) s’associent pour redonner vie à un mythique extra-terrestre humanoïde musclé qui s’habille en rouge et bleu avec son slip sur le pantalon, on peut s’attendre au pire ! De l’Americana à n’en plus finir, du premier degré hardcore et des scènes de combat apocalyptiques, c’est le menu de MAN OF STEEL, reboot des aventures de Superman (on oublie poliment le navet de Bryan Singer).
Comment Kal-El, le musclé des étoiles, perdu sur une planète étrange, va devenir Clark Kent, l’humain, le Terrien. C’est ce parcours initiatique passionnant qui est au cœur de MAN OF STEEL. Snyder a eu l’excellente idée d’oublier le double Clark Kent (ce journaliste poltron). MAN OF STEEL est l’histoire d’une deuxième naissance. Une renaissance sur les décombres fumants d’une civilisation morte. Kal-El devra choisir entre sa patrie d’adoption, la Terre (faire des bisous tout partout à la mimi Lois Lane), et son monde d’origine Krypton (massacrer des gens tout partout avec le taré Zod). Snyder et Nolan, en choisissant le réalisme absolu, transforment ce super héros niais en être maudit, incompris, en totale perdition. Et ça change tout ! MAN OF STEEL devient le compte-rendu d’une renaissance, une réflexion froide sur le destin, le devoir et les responsabilités. Cette profondeur totalement inattendue transcende le genre éculé du film de super-héros. Pas (ou très peu) d’humour, du sang, des larmes, une quête intérieure… si vous cherchez du pur fun décérébré, passez votre chemin. MAN OF STEEL est d’une noirceur impressionnante.
Mais Snyder nous balance également à la tronche les scènes de baston urbaine les plus hallucinantes de tous les temps. Le duel cataclysmique entre Zod et Kal-El est proprement incroyable. Et la mise en scène, d’une fluidité et d’une lisibilité fantastiques, propulse ce MAN OF STEEL au firmament. Bon. Après avoir pompé (ou rendu hommage si on veut être indulgent) Satoshi Kon pour INCEPTION et Katsuhiro Otomo pour THE DARK KINGHT RISE, Nolan s’attaque au génie Akira Toriyama. On pense violemment à DRAGON BALL Z et ses combats homériques en assistant à la lutte à mort entre Kal-El et Zod. Mais c’est pas grave ! C’est même enthousiasmant ! Snyder réussit l’impossible, rendre réalistes ces combats apocalyptiques qui ravageaient et semaient la mort sur leur passage (merci aussi à DISTRICT 9 en passant). MAN OF STEEL est un putain de tour de force. Un film profondément cérébral tapi dans l’ombre un blockbuster flamboyant.
Mais cette froideur, aussi puissante soit-elle, peut s’avérer frustrante, voire énervante. Impossible de s’attacher au héros, de s’immerger complètement dans le récit. Et surtout, surtout, Nolan et Snyder parsèment leur film de thématiques christiques assez saoûlantes (Kal-El le nouveau messie caricatural et surtout la foi clairement présentée comme supérieure à l’évolution, on plonge allègrement dans le créationnisme là) et l’allégeance de Superman aux seuls USA (trop d’Americana tue l’Americana) fait quand même un peu froid dans le dos quand on y pense.
Mais bon MAN OF STEEL pulvérise impitoyablement tous les films de super-héros qu’on s’est envoyé ces dernières années ! Quel spectacle total ! Quel réalisme ! Quelle puissance bordel ! Incroyable… Incroyable…

En salles depuis le 19 juin
2013. USA. Réalisé par Zack Snyder. Avec Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams…

 

 

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