MOVIE MINI REVIEW : Maps To The Stars

MOVIE MINI REVIEW : Maps To The Stars

Note de l'auteur

MAPS-TO-THE-STARS

 

 

 

En une pitite dizaine d’année (en gros depuis l’étourdissant HISTORY OF VIOLENCE), David Cronenberg, grand cinéaste malsain et organique, s’est mué (comme Matrin Brundle, les mutations dérangeantes, ça a toujours été son truc) en grand cinéaste pantoufflard confit dans sa propre grandeur. Devenu pilier de festival international, Cronenberg s’est perdu dans l’ennui et l’affèterie vaine. Après les insipides COSMOPOLIS et LES PROMESSES DE L’OMBRE, David fait mumuse avec un sous-genre emblématique et iconique, la Hollywoodxploitation. De cette Babylon moderne anthropophage sont issus quelques chef d’œuvres hallucinants du cinéma (dont l’inoubliable SUNSET BOULEVARD de Billy Wilder). Avec MAPS TO THE STARS, Cronenberg tente d’entretenir la flamme de ce bûcher des vanités artistique… Avec un pétard mouillé, ça va être compliqué…
Une famille spectaculairement clichetonneuse et dysfonctionnelle se délite langoureusement sous le soleil californien. Papa gourou pathétique (le grand John Cusack, ravagé par la chirurgie esthétique et les affres de la zèderie US), maman femme au foyer névrosée (la superbe Olivia Williams), fiston baby star capricieuse teenage revenu de tout et notamment de rehab (l’arthropode pétrifié Evan Bird qui flingue le film à lui tout seul) et, enfin, fifille pyromane bipolaire (la délicieuse Mia Machinkowska, brûlée mais pas trop faut qu’on la reconnaisse quand même bordel quoi!). Ces êtres ravagés par la solitude et un secret inavouable vont se consumer au soleil de leurs illusions perdues (c’est beau!) en psalmodiant, tel un mantra païen, le poème de Paul Éluard, LIBERTÉ (j’écris ton nom sur plein de truc toussa…). Une liberté tant recherchée mais inatteignable… Uniquement dans la mort. Et autour d’eux gravite une multitudes d’êtres inconsistants et délibérément archétypaux (pour pas dire caricaturaux). comme le goss-bô chauffeur de limo/acteur/scénariste (l’ectoplasme transparent Robert Pattison) et la sempiternelle vieille star dégénérée décadente (une Julianne Moore en pelin mode WTF grotesque et vulgaire, ce qui lui a permis d’obtenir le prix d’interprétation à Cannes 2014).
Le gros, l’immense problème ici, c’est que David Cronenberg a totalement perdu son acidité et son acuité dérangeante. Ne reste plus qu’un ballet convenu et soporifique de pantins pathétiques. Pas la moindre originalité, pas la moindre once de subversion. MAPS TO THE STARS enchaîne paresseusement les scènes creuses et prétentieuses. Hollywood nourrit et dévore ses enfants, âmes damnées harcelées par les fantômes implacables de leur passé traumatique. La liberté est une illusion. Les stars sont des bébés capricieux. Le soleil brille dans le ciel. Le feu ça brûle. L’eau ça mouille… Merci encore David, on savait pas tout ça!

En salles depuis le 21 mai
2014. USA/Canada/France/Allemagne. Réalisé par David Cronenberg. Avec Mia Wasikowska, Robert Pattinson, Evan Bird…

 

 

 

http://youtu.be/ciIukEyLHcc

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