MOVIE MINI REVIEW : Nebraska

MOVIE MINI REVIEW : Nebraska

Note de l'auteur

NEBRASKA

 

 

 

Montana, Nebraska, nirvana…
Un papy prolo décatit et vaguement grabataire s’imagine millionaire par la grâce d’une de ces sempiternelles loteries/arnaques pour vieux  qui inondent les boîtes aux lettres. Après plusieurs fugues, son fils décide de voyager avec lui à travers des états ruraux aussi désertiques que cinégéniques.
Comme tous bons films indé US (matiné de feel good movie hollywoodien) qui se respectent et se ressemblent, ce road movie familial va permettre à tout plein de bouseux white trash pas du tout caricaturaux (on est au cœur de l’Amérique blanche prolétaire) de faire un bilan de leur (plus ou moins) misérable vie de péquenauds. Du patriarche sénile à la démarche dégingandée de canard boiteux (le monolithique et époustouflant Bruce Dern, clone hallucinant de Pierre Richard!!!) qui affronte les fantômes arthritiques et mélancoliques de son passé, à son fils (Will Forte, humoriste télé US, totalement à contre emploi) qui s’offre un moment privilégié (le dernier?) avec un père distant et solitaire.
On connait la pasion d’Alexander Payne pour l’Amérique moyenne et ses gentils losers. Après le sympathique SIDEWAYS (et ses quadra/bobos malheureux) et le bouleversant THE DESCENDANTS (le deuil étrange d’un George Clooney étourdissant), sans oublier le génial et acide teenagemovie L’ARRIVISTE (aka ELECTION avec Matthew Broderick et Reese Witherspoon), Alexander Payne aborde, dans un noir et blanc aussi classieux que gratuit, la vieillesse. Ce putain de naufrage physique et psychique qui nous attend tous bordel…  Et il fait ça, comme d’habitude, avec finesse et une immense tendresse pour ses personnages. Malheureusement, NEBRASKA tourne très vite à vide. La faute à une intrigue interminable et über-clichetonneuse. Malgré quelques scènes émouvantes  et un humour très noir permanent (la marque de fabrique d’Alexander), ce truc plonge inexorablement dans l’ennui poli. Payne est incapable de se dépêtrer de sa fantasmagorique Americana indé, visuelle et sentimentale, de carte postale. Il n’y a jamais de surprises. C’est beau. C’est touchant. Mais aussi horriblement creux…

En salles depuis le 2 avril
2013. USA. Réalisé par Alexander Payne. Avec Bruce Dern, Will Forte, June Squibb…

 

 

 

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