MOVIE MINI REVIEW : Palo Alto

MOVIE MINI REVIEW : Palo Alto

Note de l'auteur

PALO-ALTO

 

 

 

Ils sont beau comme des dieux. Ils sont cons comme des balais. Les adolescents! Enfants perdus dans un corps d’adulte, noyés dans un entre-deux mortifère et terrifiant… La fin de l’innocence (dans ce qu’elle peut avoir de beau et de cruel).
Les fifilles du clans Coppola ont manifestement un faible pour cette période charnière de la vie (le patriarche Francis aussi, avec ses fantastiques RUSTY JAMES et OUTSIDERS). Après Sofia et ses portraits cotonneux de jeunes filles perdues, c’est au tour de sa nièce Gia de s’attaquer à ce genre emblématique du cinéma. Comme tantine, Gia filme les ados qu’elle connait. Ces petits blancs surfriqués livrés à eux-mêmes dans les banlieues cossues californiennes. Des enfants abandonnés par des parents encore plus immatures et irresponsables qu’eux.
Mais, contrairement à tatie, Gia fait dans l’œuvre chorale. PALO ALTO adapte une séries de nouvelles écrites par l’acteur James Franco, originaire de la ville. Comme un SHORT CUTS teenage. Un kaléidoscope abstrait, sans ligne directrice. Juste une poignée d’ados délurés et névrosés qui se croisent et se tripotent sous le soleil de Californie. Et la magie opère. À l’instar du superbe LES LOIS DE L’ATTRACTION de Roger Avary (d’après Brett Easton Ellis), Gia Coppola dresse un portrait douceureux et désespéré de cette génération en plein deuil de son innocence.
Délicat et éthérée, libre comme ses personnages, PALO ALTO est un soleil noir, lumineux et cafardeux. Sans espoir de salut. Les adultes corrompent les teenagers qui corrompent les enfants. Comme un cercle vicieux sans fin. Comme une lente décadence civilisationnelle. Comme un petite mort. Ne subsistent plus que frivolité et égoïsme terrifiant. Gia capte cet instant fugace avec une grâce époustouflante. Portée par un casting parfait (la future star Emma « fifille à Eric » Roberts, Jack Kilmer et les vieux James Franco et papa Val Kilmer), elle transcende totalement sont matériau de base, la jeunesse dorée, pour en faire une ode universelle à la vie et à la jeunesse. Loin, bien loin de la vulgarité mercantile et la facilité des teenage movies hollywoodiens et de la violence sexuelle et sentimentale des films de Larry Clark (même si cette cruauté est bien réelle, pas d’angélisme non plus). Ensorcelant…

En salles depuis le 11 juin
2013. USA. Réalisé par Gia Coppola. Avec Emma Roberts, James Franco, Jack Kilmer…

 

 

 

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