MOVIE MINI REVIEW : Real

MOVIE MINI REVIEW : Real

Note de l'auteur

REAL

 

 

 

Après avoir explorer les tréfonds purulents de l’âme humaine avec l’étourdissant diptyque cinématographico-télévisuel SHOKUZAI, le grand minimaliste Kiyoshi Kurosawa revient. Avec de la S-F  d’anticipation lo-fi dépouillée (et un zillion de fois plus impressionnante et moins frime que celle du HER à Spike Jonze).
Grâce à une machine révolutionnaire bidule de  dans demain, Kôichi, un jeune homme désespéré, peut voyager dans la psyché de sa mangaka de femme Atsumi, prisonnière du coma depuis sa tentative de suicide. Comment la libérer de sa catalepsie et la faire revenir dans le monde des vivants?
Kiyoshi Kurosawa nous concocte un cocktail aussi épuré qu’explosif à base de passé refoulé, de plésiosaure vindicatif, de zombies philosophiques inexpressifs, de manga super-glauque, de tueur en série de papier et de labyrinthe mental labyrinthique et cérébral. Et c’est beau. Et parfois étourdissant de poésie.
Variation subtile des thèmes überclassiques abordés entre autres par THE CELL (la purge baroque à Tarsem Singh), INCEPTION (le gros jouet pachydermique à Christopher Nolan), EXTRACTED (la petite bombe méconnue de Nir Paniry) et l’œuvre complète des génies Satoshi Kon (coucou PAPRIKA) et Philip K. Dick, REAL impressionne par sa pudeur et sa délicatesse permanente. Malheureusement, un certain ennui poli pointe petit à petit le bout de son nez. À trop étirer son intrigue à tiroirs, Kurosawa perd un peu le spectateur en route. C’est frustrant.
Mais la splendeur visuelle doublée d’un romantisme mortifère, pur et délicat à la fois (un truc de taré nippon quoi!) sauvent in extremis REAL du somnifère surpuissant pour dinosaure… Superzut, on était pas loin d’un grand film…

En salles depuis le 26 mars
2013. Japon. Réalisé par Kiyoshi Kurosawa. Avec Takeru Satô, Haruka Ayase, Jô Odagiri…

 

 

 

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