MOVIE MINI REVIEW : Snowden

MOVIE MINI REVIEW : Snowden

Note de l'auteur

snowden

 

 

 

Souriez à votre webcam, vous êtes filmé ! Et tout le contenu, plus ou moins honteux (surtout honteux) de vos bidules connectés est savamment piraté par nos très chers gouvernements qui n’ont plus de démocratique que le nom. Bref, c’est la fête au piratage informatique total du globe du monde mondial de la Terre des Internet de la planète ! Et c’est l’Amérique qui régale avec tous ses systèmes interchangeables aux noms délirants ! Et qui joue les voyeurs hystériques… Tout ça sur les décombres fumants des Twin Towers et de la liberté…
Seulement un homme, un jour, va dire simplement non à cet espionnage systématique et illégal. Un homme du sérail. Un petit génie. Un espion informatique. Un patriote. Et c’est justement au nom du patriotisme, et donc du respect des lois et de la démocratie, qu’il va dénoncer publiquement l’hystérie paranoïaque qui s’est emparée de son pays tout en connaissant les conséquences sur lui et sa famille.
Et qui d’autre qu’Oliver Stone, le portraitiste cinglant de l’Amérique, pouvait s’emparer de cette histoire rocambolesque. Celle d’Edward Snowden. Cet informaticien devenu le whistleblower le plus connu de l’univers le jour où il a tout balancé à la presse.
Snowden arrive après le documentaire oscarisé Citizenfour… C’est en fait la version grand public du documentaire de Laura Poitras (interprétée ici par la super Melissa Leo). Oliver Stone retrouve ses jambes et son cerveau et sa caméra de vingt ans avec ce biopic technologique cérébral et glacial. À l’image de son héros rongé par le cancer orwellien qui détruit son pays. Ce monstre administratif plus puissant que les élus du peuple, réduits à l’état de marionnettes pathétiques (Barack Obama s’en prenant particulièrement, et à raison, plein la tronche dans ses discours mensongers). La paranoïa règne en maître dans ce film frigorifique. Le style baroque d’Oliver Stone fait des merveilles. La froideur clinique de son héros étant contrebalancée par la guimauve bariolée de son histoire d’amour qui vire au roman photo décérébré. Un oasis de bonheur au milieu de l’enfer synthétique…
Ça fait un bien fou de voir Stone se réveiller et fuir son traumatisant navet patriotico-mongolo World Trade Center pour retrouver ses pulsions pamphlétaires qui ont fait de lui le plus implacable et talentueux des critiques de son pays. Snowden, c’est comme un film d’horreur. Mais une horreur réelle. Digitale. Tentaculaire. Paranoïaque. L’horreur de savoir que chaque microseconde de sa vie est enregistrée, digitalisée, analysée et balancée dans un cyberspace oppressant et imbécile. L’Amérique espionne l’Amérique, plus que toute autre nation. Plus que la Chine ou la Russie ou les bases terroristes du Moyen-Orient… C’est l’information la plus dingue de ce film dingue. Découvrir que cette machine infernale (et incontrôlable) s’espionne elle-même. Plutôt que s’attaquer à ses vrais ennemis.
Un voyage spectaculaire (qui rappelle le taré Tueurs Nés) dans la folie autodestructrice humaine. Cette schizophrénie insoluble. Cette lutte entre sécurité et liberté. Snowden relate ce combat. Mais un combat qui échappe totalement à ses protagonistes. Pour devenir virtuel. Comme dans la première série Z parano qui passe. Sauf que c’est la réalité vraie bordel. Le flippe…

En salles depuis le 1er novembre
2016. France/Allemagne/USA. Réalisé par Oliver Stone. Avec Joseph Gordon-Levitt, Shailene Woodley, Melissa Leo…

 

 


Snowden – Bande-annonce VOST officielle HD par mirainonews

 

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