MOVIE MINI REVIEW : Stoker

MOVIE MINI REVIEW : Stoker

Note de l'auteur

 

 

 

Park Chan-Wook débarque à Hollywood! Le réalisateur coréen ultramaniériste, ultrataré et ultradélirant, un peu en perdition depuis la claque OLD BOY (2003 quand même), nous propose la relecture moderne et quand même très très très très très très très proche d’un des plus grands chef d’œuvres d’Alfred Hitchcock, L’OMBRE D’UN DOUTE.
Richard Stoker est mort. C’est pas super. Au moment des funérailles, le frangin du décédé (la révélation Matthew Goode, tout en regard ambigu et en charisme vénéneux) débarque dans le manoir familial gentiment gothique et dans la vie terne de la veuve éplorée (l’accident chirurgical pétrifié du visage Nicole Kidman) et de son adolescente bizarre (la bombe Mia Wasikowska, vue dans JANE EYRE et découverte dans ALICE AU PAYS DES MERVEILLES). Qui est donc cet homme étrangement étrange? Pourquoi tout le monde disparait comme ça? Une relation trouble va s’engager, un ménage à trois psychologique, pervers et sulfureux…
Incroyable! Park a réussi à conserver et à canaliser (un peu) son univers visuel baroque dingo si caractéristique. Sa mise en scène, d’une inventivité permanente, carrément déroutante, irradie de mille feux. Il transcende littéralement son scénario très linéaire et sans réelle surprise (un truc signé du gosse beau Wentworth Miller, le tatoué has been de PRISON BREAK). Ses images sont proprement envoutantes. Sa science du cadrage, à la fois sobre et délirante, fait des merveilles. Et Mia Machinkowska est sensationnelle! Tout à tour pitit oiseaux aux ailes brisées, enfant perdue par la disparition de son papa et adolescente partie à la découverte de son corps et de ses pulsions. Quelle prestation!
Park nous balance un truc déviant juste ce qu’il faut (on est à Hollywood quand même). L’atmosphère intemporelle, néoretro, qui renforce le lien avec son modèle est délicieusement étouffante malgré un côté artificiel. STOKER renouvelle visuellement un genre, le cinéma horrifico-bidule, en perdition, noyé dans le cynisme et la facilité (qui a dit EVIL DEAD?). C’est le grand retour d’un cinéma de genre adulte, intelligent et (légèrement) ambitieux. Encore!

En salles depuis le 1er mai
2013. USA/Grande-Bretagne. Réalisé par Park Chan-Wook. Avec Mia Wasikowska, Matthew Goode, Nicole Kidman…

 

 

 

Partager