MOVIE MINI REVIEW : Tel Père Tel Fils

MOVIE MINI REVIEW : Tel Père Tel Fils

Note de l'auteur

 

 

 

Après le bouleversant I WISH, Koreeda, fantastique cinéaste japonais spécialiste de l’enfance et des films conceptuels, revient émoustillé nos neurones et nos glandes lacrymales! Basé sur l’exacte même trame que le super 80’s LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE (mais sans le côté farce satyrique délirante sociologico-mongolo) TEL PÈRE TEL FILS traite son sujet (deux familles, l’une friquée/névrosée de la ville, l’autre hédoniste provinciale apprennent que leurs garçons de six ans ont été malencontreusement échangés à la naissance) avec une pudeur et une sensibilité étourdissante. Qu’est-ce que la filiation? La transmission? La paternité? L’inné? L’acquis? C’est quoi l’AMOUR quoi?
Toutes ces questions existentielles pulvérisent le cerveau de Ryota, jeune architecte surfriqué et débordé. Déçu par le caractère molasson de son (vrai-faux-vrai) fils Keita, il voit d’un bon œil l’échange des enfants. Histoire de pouvoir se retrouver dans son « pure » fils fantasmé…
Mais ce fait divers déchirant (chaque famille croit gagner un nouveau fils mais est au bord de perdre les deux finalement) va devenir une quête intérieure pour le héros. En fait Koreeda délaisse un peu ses gamins (même s’ils sont étourdissant de naturel) pour s’intéresser aux deux couples. Mais pas ceux que l’on imagine. Les deux pères et les deux mères… Alors que le lien du sang est ridiculement fort chez les mâles (quels crétins), les sentiments sont plus profonds chez les deux femmes. Comment abandonner comme ça, du jour au lendemain, un enfant, son putain d’enfant qu’on a élevé quand même bordel, pour un autre. Un autre que l’on veut aussi connaitre et récupérer! Comment survivre à cette trahison déchirante et cornellienne? Koreeda répond à ces questionnements intimes avec une subtilité hallucinante, comme d’habitude quoi!
Ce truc déborde d’humanité et de finesse… Les adultes sont aussi désemparés que les enfants (un grand classique chez le cinéaste). Le bon choix n’existe pas. Pas une seule putain de seconde… Et Koreeda capture cette tranche de vie avec son génie habituel. Sans l’émotion de ses précédents films. C’est hypercérébral. Et c’est magnifique!

En salles depuis le 25 décembre
2013. Japon. Réalisé par Hirokazu Koreeda. Avec Masaharu Fukuyama, Machiko Ono, Yôko Maki…

 

 

 

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