MOVIE MINI REVIEW : The Bling Ring

MOVIE MINI REVIEW : The Bling Ring

Note de l'auteur

 

 

 

L’étourdissante Sofia Coppola revient nous titiller les neurones avec son stock inépuisable d’adolescentes éthérées super friquées et super perdues dans leur pauvre life de petite fille riche. Avec THE BLING RING, Sofia s’attaque à la reconstitution méticuleuse et fantasmagorique d’un fait divers (bordel ! Même elle s’y met !) aussi anodin que fascinant, les exactions d’une bande de teenagers désœuvrés qui ont cambriolé les villas clinquantes des stars  hollywoodiennes les plus bling bling (Pairs Hilton, Orlando Bloom, Lindsay Lohan).
À la fois drama circonstancié (et un peu insipide) et rêverie étourdissante et malsaine (on pense gentiment à Lynch par moments), THE BLING RING marque clairement (enfin j’espère) la fin d’un cycle chez Sofia Coppola. Cette fois, en s’immisçant toujours aussi magnifiquement dans le cerveau (vide cette fois) de ses héroïnes, elle ne se reconnaît absolument plus en elles. Le divorce semble être prononcé. Il n’y a plus de tendresse, juste la description froide et impitoyable d’un troupeau de connasses qui tentent de remplir le vide de leur pauvre vie par du rien hors de prix (la gloire, les fringues, le bijoux, le fric et la drogue). Et comme le vide appelle inéluctablement le vide, elles sont incapables de s’arrêter (ok, y a un mec dans le gang mais il est tellement asexué [probablement homo mais on ne le saura jamais vraiment] qu’il agit comme ses copines fashionistas hystériques). On est dans l’addiction pure mélangée au désœuvrement le plus total. Un cocktail explosif.
THE BLING RING, par son approche réaliste de la triste adolescence contemporaine, pulvérise la vulgarité manipulatrice d’un Harmony Korine (son escroquerie putassière SPRING BREAKERS n’étant qu’un déferlement libidineux de teenagers en bikini avec des gros flingues) et se rapproche d’un autre fait divers ado transposé au cinéma. Le génial BULLY de Larry Clark. Plus de dix années séparent ces deux films. Une putain d’éternité ! Les ados de BULLY noyaient leur ennui dans le sexe et le meurtre glauque. Les ados modernes de THE BLING RING noient le leur dans la recherche effrénée de la gloire éphémère, le puritanisme (no sex !!!) et la fascination maladive pour les it-girls, ces fausses stars pathétiques, tellement représentatives de notre société en décadence.
Rebecca (la révélation Katie Chang), la chef de bande, est une psychopathe en puissance et le (vrai) personnage central du film Nicki (la divine Emma Watson) est une petite conne arriviste aussi maligne que décérébrée, la tête défoncée aux délires sectaires new age terrifiants de sa trisomique de mère. Ça ne se voit pas au prime abord mais THE BLING RING est un truc d’une noirceur insondable. Cachée derrière une anodine comédie teenage se cache la description violente d’une nouvelle génération biberonnée aux réseaux sociaux et à la fausse célébrité. C’est terrifiant. Le fossé entre ces êtres maléfiques et leurs parents (plus absents ou crétins les uns que les autres) est gigantesque, monstrueux. La société moderne a engendré des mutants. Des êtres dénués du moindre sentiment.
On dirait pas comme ça mais THE BLING RING est un acte de décès. Un film sur la fin d’un monde. BULLY, THE BLING RING deux visions d’horreur… Et celle de Sofia Coppola est plus inquiétante que celle de Larry Clark…

En salles depuis le 12 juin
USA. Réalisé par Sofia Coppola. Avec Katie Chang, Israel Broussard, Emma Watson…

 

 

 

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