MOVIE MINI REVIEW : The Grand Budapest Hotel

MOVIE MINI REVIEW : The Grand Budapest Hotel

Note de l'auteur

THE-GRAND-BUDAPEST-HOTEL

 

 

 

Sur les pentes escarpées et enneigées d’une montagne improbable d’un pays fantasmagorique d’Europe de l’Est (probablement limitrophe de la Bordurie d’Hergé auquel on pense constamment) se dresse majestueusement le Grand Hotel Budapest, palace perdu dans l’espace et le temps… Avec, à sa tête, le concierge Gustave, dandy/gigolo à moustache, professionnel jusqu’aux bouts des ongles. Mais ce n’est pas son histoire. Enfin si mais pas vraiment…
Gustave le grand a un groom, le jeune et fougueux Zero, garçon amoureux d’une ravissante pâtissière avec une tache de naissance en forme de carte du Mexique sur la joue. Mais ce n’est pas leur histoire non plus. Enfin si mais pas vraiment…
Un écrivain mort et statufié, à différentes étapes de sa vie, recueille et conte les aventures de cet établissement colossal disparu depuis longtemps. Mais ce n’est toujours pas son histoire. Enfin si mais pas vraiment…
Wes Anderson, le plus dandy des dandy cinéastes du monde mondial d’aujourd’hui abandonne son Texas natal et ses contes miniatures pour la vieille Europe. L’Europe mythique. L’Europe ancestrale. L’Europe disparue. L’Europe centrale, balayée par l’histoire et la mort, la guerre et la destruction, le capitalisme et le communisme.
Ce GRAND HOTEL BUDAPEST est une gigantesque pièce montée appétissante, une maison de poupée géante étourdissante de beauté, une fourmilière couleur pastel où déambulent de microscopiques êtres humains perdus dans leurs vies, leurs amours perdues et leurs tragiques destins. Si le ton doucereux et (parfois trop) inoffensif de Wes Anderson est toujours aussi présent, jamais la mort n’aura eu une telle importance dans son œuvre. Elle est tout le temps là, tapie dans l’ombre, prête à surgir à tout moment. Et c’est précisément ce choc des mondes qui fait des meilleurs films d’Anderson (LA VIE AQUATIQUE, À BORD DU DARJEELING UNLIMITED) des cocktails émotionnels cosmiques. Ici la légèreté et le drame intime s’entrelacent dans une danse de la mort et de la vie d’une frénésie, d’une majesté et d’une poésie stupéfiantes!
GRAND HOTEL BUDAPEST, c’est comme une poupée russe titanesque, infinie où les destins iconoclastes et romantiques et malheureux s’entrecroisent à en perdre la raison. C’est beau… C’est bouleversant… C’est divin…
Mais à la Wes Anderson, c’est-à-dire dans une finesse et une délicatesse spectaculaire. L’artificiel règne en maître, des décors chatoyants aux mouvement de caméra impossibles et kubrickiens (coucou SHINING et les travelling incessants) en passant par des personnages aussi caricaturaux que profonds. Servi par un casting hallucinant (d’où émerge le fantastique Ralph Fiennes) Wes Anderson nous livre un œuvre incroyable. Un film monde. Un rollercoaster de poésie et d’humour et de mélancolie…
Peut-être son chef d’œuvre… Ouais, carrément…

En salles depuis le 26 février
2014. Angleterre/Allemagne. Réalisé par Wes Anderson. Avec Ralph Fiennes, Tony Revolori , Saoirse Ronan…

 

 

 

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