MOVIE MINI REVIEW : The Homesman

MOVIE MINI REVIEW : The Homesman

Note de l'auteur

THE-HOMESMAN

 

 

 

Après le magnétique Nicolas Cage, c’est au tour de cette vieille carne de Tommy Lee Jones de se métamorphoser en icône eastwoodienne aride et bouleversante. Après le conte péquenaud JOE, voici THE HOMESMAN, western naturaliste crépusculaire impressionnant, lointain cousin de JOSEY WALES et d’IMPITOYABLE.

C’est la lose à Loup, Nebraska, bled paumé en plein Ouest sauvage (enfin l’Ouest du XIXe siècle). Une communauté de fermiers crevards tente de survivre en territoire hostile. Mais la mort et la solitude sont partout et elles broient implacablement les esprits et les vies de ces colons déshumanisés. Trois femmes deviennent littéralement folles-dingo et incontrôlables. Le pasteur du coin décide de s’en débarrasser et de les renvoyer à leurs familles dans l’Est. Face à la lâcheté ambiante, une fermière solitaire et autoritaire se porte volontaire pour accompagner ce trio infernal.

Elle recrute en chemin un vieux cowboy en voie de clochardisation pendu à un arbre… Et cet attelage improbable arpente des paysages désertiques stupéfiants de beauté mortifère pour un long voyage mental aux confins de l’esprit humain. C’est qu’elle se situe ou, exactement, la folie? Dans la caboche de ces trois malheureuses êtres ravagées par le chagrin et les mauvais traitements ou bien dans celle des « sains d’esprit », noyés dans leur vilénie et leur solitude tétanisante. Marry Bee Cuddy (la magnifique Hilary Swank) et George Brick (le frippé Tommy Lee Jones), créatures mystérieuses, se découvrent et s’apprivoisent… Et tout ça est déchirant de simplicité et de pureté.

Tommy Lee Jones, après le superbe 3 ENTERREMENTS, revient avec ce film sépulcral, véritable périple en enfer où les sentiments humains n’existent presque plus. Un enfer terrestre où chaque rencontre est un danger mortel, un enfer où la sensibilité et la générosité vous tue. Un putain d’enfer élégiaque que ne renierait pas Terrence Malick. Avec son casting fantastique (les actrices sont stupéfiantes dans leurs rôles impossibles) et sa mise en scène d’une pureté et d’une mélancolie invraisemblable, Tommy Lee Jones approche de très près son illustre modèle.
Comme quoi une prod Europacorp sans yamakasi décérébré ni putes ni Audis ni gros black ni réalisateur tacheron interstellaire, ben ça existe!

En salles depuis le 18 mai
2014. USA. Réalisé par Tommy Lee Jones. Avec Tommy Lee Jones, Hilary Swank, Grace Gummer…

 

 

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