MOVIE MINI REVIEW : White Bird

MOVIE MINI REVIEW : White Bird

Note de l'auteur

WHITE-BIRD

 

 

 

Ce grand nostalgique pop moderne de Gregg Araki (un mec irrémédiablement scotché dans le milieu des 80’s) abandonne ses délires apocalyptiques poussifs (boom boom le sitcom mou KABOOM) pour retourner vers l’exploration de la psyché explosive de ses chers teenagers mélancoliques et dysfonctionnels magnifiés dans MYSTERIOUS SKINS, son chef d’œuvre bouleversant de délicatesse tarée.
La fin des 80’s. Les oppressantes subburbs californiennes. Une femme disparaît. Une femme névrosée broyée par le conformisme implacable d’une existence vide de sens. Une femme refusant à la fois de vieillir et de voir sa fille devenir femme. Une fille perdue entre enfance et âge adulte (une petite mort) qui va devoir surmonter la disparition mystérieuse de sa môman. Avec WHITE BIRD, Araki plonge dans la frustration existentielle et sexuelle de l’Amérique moyenne. Le tout dans un conte élégiaque borderline, dans un portrait de femme(s) langoureux, bercé par une pop 80’s vaporeuse (outre le compositeur Robin Guthrie, ex-Cocteau Twins, on a droit la fine fleur indé de l’époque, Joy Division, Depeche Mode, Cure etc…). Et imprégné d’une humanité ensorcelante. Les dessous peu reluisants d’une famille (a priori) bien sous tout rapports rappellent les excursions lynchéennes (coucou BLUE VELVET et TWIN PEAKS) dans les recoins cafardeux et mortifères d’une Amérique hypocrite… (Dé)Construit comme un implacable labyrinthe mental (tellement plus oppressant que le duel de concombres de GONE GIRL, la review ici), WHITE BIRD est une expérience sensorielle enivrante. Magnifiée par la performance de Shailene Woodley (très loin de son jeu bovin dans DIVERGENTE, la review là) tout en finesse et de cette grande foldingo d’Eva Green, stupéfiante en house wife d’une perfection terrifiante au bord de la folie. Sans oublier les moustaches à Chris Melony…
WHITE BIRD est un poème sépulcral évanescent… Et Gregg Araki, le roi incontesté du teen-movie post-moderne déviant. Le rejeton improbable issu des nuits d’amour torves et lubriques entre John Hugues et David Lynch… Magnifique!

En salles depuis le 15 octobre
2014. France/USA. Réalisé par Gregg Araki. Avec Shailene Woodley, Eva Green, Christopher Meloni…

 

 

 

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