MOVIE MINIE REVIEW : La folle histoire de Max et Léon

MOVIE MINIE REVIEW : La folle histoire de Max et Léon

Note de l'auteur

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Le Palmashow ou la fusion parfaite entre Les Inconnus et Les Nuls, ces monuments de la comédie contemporaine. Alliage savoureux des parodies mordantes (ça, c’est pour Les Inconnus) et de l’autofiction postmoderne (ça, c’est pour Les Nuls). Le duo David Marsais/Grégoire Ludig s’attaque à son tour au monstre cinéma avec cette même ambition fusionnelle. Dans un sujet hautement casse-gueule, la Seconde Guerre mondiale pour de rire ou comment rivaliser avec les ogres Gérard Oury (La Grande Vadrouille), Robert Lamoureux (La Septième Compagnie) et Jean-Marie Poiré (Papy fait de la résistance). Rien que ça !
Et c’est la catastrophe ! Totale ! Immédiate ! Cette odyssée de deux abrutis au cœur tendre (le queutard fou et le maladroit binoclard) perdus en pleine apocalypse vire à la baudruche pathétique dès les premières scènes. Une absence sidérante de gags (ils sont TOUS dans la bande-annonce), des ellipses atomiques, une mise en scène insipide, une intrigue idiote et une course assez dégueulasse à l’émotion. La Folle Histoire de Max et Léon se perd corps et âme dans les tréfonds de la comédie française de luxe pas drôle (au secours les lamentables caméos d’humoristes youtubesques et de stars décaties) qu’on dirait un interdit des Robins des bois bordel. À trop jouer la carte de l’émotion (au secours la pitite fille juive aux grands yeux innocents) et de la fantaisie inoffensive (un comble vu le sujet abordé) tout en oubliant leurs fondamentaux (ce don pour la méchanceté et le transformisme), le Palmashow rejoint le cimetière des tocards télévisuels venus se brûler, tels des Icares en mousse, au soleil implacable du cinématographe. Ils rejoignent les « illustres » Kev « Aladin » Adams, Max « Robin des bois » Boublil et les naufragés de Caméra Café. Entre autres…
Ce truc blindé de comique troupier faisandé n’arrive même pas à la cheville des pires purgeasses franchouillardes du genre. Pire que les tribulations lobotomisantes de la Septième Compagnie, pire que la soporifique Opération Lady Marlène, pire que l’atroce Führer en folie nanardesque, encore moins drôle que L’As des as, le Palmashow se ridiculise dans les grandes largeurs. Les seuls rires sont des rires nerveux suscités par une facilité pantouflarde assommante. Un spectacle indigent calibré à la perfection pour les prime times décérébrés de TF1 (qui coproduit le film, comme par hasard).
La (tout sauf) Folle Histoire de Max et Léon ou comment atomiser sa crédibilité et sa réputation en 90 minutes. Ce ratage total, perdu entre le mordant d’OSS 117 (qui tombe systématiquement à plat faute de courage), les errances scénaristiques dégueulasses et la manipulation lacrymale (qui ferait passer Monsieur Batignole pour un monument de minimalisme bergmanien) en devient carrément fascinant. Comme un canard sans tête qui court plusieurs lièvres à la fois en faisant le grand écart le cul entre 4 chaises… Comme la démonstration par l’absurde du gouffre entre cinéma et télévision. C’est bien beau de créer des personnages décapants pour un sketch de trois minutes. Mais c’est autre chose pour un long métrage. Y a quelque chose de fondamentalement lâche dans ce film, comme une incapacité d’affronter son sujet sulfureux, et ça fait très mal venant du Palmashow. Une putain d’expérience traumatisante au pays des navets comiques made in France…

En salles depuis le 1er novembre
2016. France. Réalisé par Jonathan Barré. Avec David Marsais, Grégoire Ludig, Alice Vial…

 

 


Bande-annonce : La Folle Aventure de Max et Léon par Filmosphere

 

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