100 moments de télé, épisode 13 (Murder One, Twilight Zone, X Files, Les Soprano, X-Files, Heroes)

100 moments de télé, épisode 13 (Murder One, Twilight Zone, X Files, Les Soprano, X-Files, Heroes)

Murder One saison 1 (Indice spoiler : 7), The Twilight Zone saison 3 (Indice spoiler : 9),  The X Files, saison 4 (Indice spoiler : 4) Heroes saison 1 (Indice spoiler : 10) et Les Soprano saison 6 (Indice spoiler : 10)  sont à découvrir ce mercredi dans notre sélection des moments de télé à voir. Demain, les moments 66 à 70.

61. Hoffman comprend tout

par Nicolas Robert

La série : Murder One

L’année : 1996

L’épisode : 1×22 – Chapitre 22

Ted Hoffman (Daniel Benzali)

Pour beaucoup, la scène la plus mémorable de l’affaire Jessica,  c’est la dernière de cet épisode, avec son redoutable cliffhanger. Mais un peu plus tôt dans le même chapitre, une autre séquence est toute aussi incroyable.

Alors que le procès Avedon arrive dans une impasse pour le cabinet Hoffman, Ted se rend chez un marchand de journaux et prend conscience d’un détail tout en récupérant un quotidien. La scène, a priori banale, devient unique parce qu’elle permet au téléspectateur d’accéder à l’information clef de toute cette histoire en même temps que le héros. Sans dire un mot.

La sensation est incroyable quand on est téléspectateur : démonstration évidente de la maîtrise du récit de Murder One, cette scène intervient au moment où toutes les pièces du puzzle sont mises à disposition et où il ne reste plus qu’à les assembler.

La dernière pièce -qui n’est pas la plus importante- est donnée à Hoffman lors d’une conversation assez banale : c’est la preuve ultime que les grandes histoires reposent sur un équilibre subtil entre exposition des faits, développement continu des personnages (pour favoriser l’identification) et gestion intelligente des temps de l’intrigue (avec un début, un milieu et une fin, pour canaliser la tension dramatique).

Si le final de Murder One saison 1 est aussi réussi, c’est notamment parce que l’on assiste à cette scène.

62. Bon appétit

par Dominique Montay

La série : The Twilight Zone

L’année : 1962

L’épisode : 3×24 – To Serve Man

Finir un épisode par une pirouette, une surprise, c’est la marque de fabrique de La Quatrième Dimension. Mais le premier souvenir qui me vient en tête quand je me souviens de la série produite par Rod Serling, c’est de ce moment où, alors que la terre acceuille une race extraterrestre dont le but est de nous rendre la vie meilleure, un homme se rend compte que le livre qui leur sert de guide « To Serve Man », ne traite pas de la servitude, mais est un livre de recettes.

Bouh.

Ce final est devenu mythique, étant repris dans un grand nombre d’autres œuvres, dont The Simpsons avec un special Halloween (le livre « How to cook men » s’avère avoir pour titre « How to cook for men » puis « how to cook forty men » et enfin « how to cook for forty men »).

Et dans l’épisode il y a Richard Kiel, plus charismatique que jamais (voir photo).

63. Scully se fait draguer par le double de Mulder

par Sullivan Le Postec

La série : X-Files

L’année : 1997

L’épisode : 4 x 20 – Small Potatoes

C’était le premier épisode comique de X-Files depuis le départ de Darin Morgan, le scénariste qui avait inventé le genre, et l’avait porté jusqu’à des sommets qui avaient permis à la série de remporter ses premiers Emmy Awards majeurs (pour Clyde Bruckman’s Final Repose). D’ailleurs, pour lui rendre hommage, celui-ci endosse sa casquette d’acteur (et une autre indiquant ‘‘superstar !’’) pour interpréter la guest principale de Small Potatoes.

Avant de rejoindre X-Files, le scénariste Vince Gilligan n’avait jamais travaillé pour la télé, mais écrit plusieurs comédies pour le cinéma. Il revient donc à son  genre d’origine en écrivant cette histoire de loser pathétique, Eddie Van Blundht, capable de changer d’apparence à volonté, et qui se sert de cette particularité pour coucher avec les femmes qui lui plaisent, mais avec qui il n’a aucune chance sous son apparence naturelle.

Quand plusieurs bébés naissent dotés d’une des particularités génétique de Van Blundht – une queue ! – Mulder et Scully enquêtent. Van Blundht a tôt fait de développer un intérêt particulier pour Mulder, qui selon lui n’exploite pas pleinement le potentiel de son physique séduisant. Après l’avoir enfermé, il prend son apparence et s’invite à l’improviste chez Scully.

En une soirée, il la séduit : ‘‘I’m seeing an all new side of you,’’ confie-t-elle. Mais Mulder – le vrai – débarque au moment précis où Eddie allait conclure. Une excellente scène de comédie, qui nous en apprend plus sur les personnages et amorce une évolution majeure, que demander de plus à un moment marquant ?

Emprisonné, Eddie Van Blundht livre finalement à Mulder sa morale provocatrice et désabusée : ‘‘je trouve ça drôle… Je suis né loser. Vous, vous avez choisi d’en être un’’. Pas faux.

64.  Le Hiro du futur

par John Plissken

La série : Heroes

L’année : 2006

L’épisode : 1×04 – Collision

C’était à l’époque où Heroes portait en elle tous les espoirs des fanboys de longue date, voyant enfin se concrétiser sous leurs yeux un mariage heureux entre les univers des comic books et de la télé. Après un pilote vu dans une salle exultante au Comic Con de San Diego, votre serviteur vivait particulièrement intensément l’existence de la série mutante et visionnaire de Tim Kring, qui contribua largement à déclencher la hype geek à la rentrée 2006. Je précise d’ailleurs que, si je ne m’abuse, le terme “geek” a bel et bien fait son apparition récurrente dans la presse et le langage courant français dans la foulée de l’impact médiatique de Heroes.

Anyway ! A quelques ratés près (dont un season finale hyper frustrant), la première saison de Heroes su nous passionner avec sa mythologie iconique au croisement des comics X-Men et de Rising Stars de Straczynski. Et dans le 4e épisode, on se souviendra longtemps du tonnerre d’excitation déclenché par l’apparition du Hiro du futur, succulent cliffhanger dans lequel un Hiro uber classe looké Samouraï apparait à Peter Petrelli dans une rame de métro figée dans le temps : « Peter Petrelli ? My name is Hiro Nakamura, I come from the future…« . L’exultation des fans grimpait d’un cran : comment le gentil rondouillard Hiro du présent allait bien pouvoir devenir un Hiro visiblement aussi badass ? Que s’est-il passé entre temps ? Ha c’était fort quand même ! Versons une larme supplémentaire en repensant au triste destin futur de la série…

65. Tony se libère

par Dominique Montay

La série : Les Soprano

L’année : 2007

L’épisode : 6×18 – Kennedy and Heidi

Le ras-le-bol. Il aura fallu 6 ans à Tony pour comprendre qu’une grande partie de ses problèmes venaient de ce gamin qu’il considérait comme son propre fils : Christopher Moltisanti. Celui qu’il a couvé, qu’il a protégé, qu’il a tenté de mener vers la rémission. Mais voilà, Chris est un garçon instable, pas fiable du tout, qui rêve être quelqu’un d’autre. Un caïd alors qu’il n’est qu’un truand. Un cador d’Hollywood alors qu’il a juste fourni l’histoire d’un slasher crétin: Cleaver.

Chris est dangereux, il est toxique. Au volant de son SUV, il s’acharne sur son lecteur CD. Visiblement intoxiqué, il perd le contrôle du véhicule et se renverse, avec Tony dans le siège passager. Tony voit Chris agoniser. D’une main, comme s’il éliminait une mouche, Tony étouffe Chris tout en regardant le siège auto à l’arrière de la voiture (oui, Tony pense certainement au fait que Chris aurait été capable de faire pareil avec un gamin à l’arrière). Tony ne montre aucun remord dans son geste. Il a un regard décidé. Froid.

 

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