Music Mini Review: Björk – Vulnicura (Because)

Music Mini Review: Björk – Vulnicura (Because)

Note de l'auteur

Album Artwork.jpgLa prêtresse de la pop septentrionale est de retour de son trip cosmico-expérimental intitulé Biophilia et elle est plutôt en forme. Enfin façon de parler puisqu’elle nous revient avec un album de rupture amoureuse… Avec Vulnicura, Björk retourne à ses premières amours musicales avec un album au doux parfum qui rappelle directement son grandiose Homogenic. Alors, qu’en est-il de cette cuvée Björk 2015? Réponses, tout de suite!!!

 

Björk a décidé de laisser ses bobines Tesla au placard pour revenir à des sonorités plus symphoniques. C’est frappant comment dès le premier morceau, le magnifique et aérien Stone Milker, on repense à Joga. Les violons s’envolent et la voix apaisée de la fée islandaise résonne pour un résultat renversant. Presque sept minutes de volupté et de bonheur qui ouvrent de fort belle manière ce Vulnicura. Avec Lion Song, la chanteuse persiste et signe dans une sorte de retour aux sources. Sa voix retouchée numériquement serpente au gré d’une mélodie qui fait de nouveau penser à Homogenic mais également à l’album Vespertine sorti en 2001. Elle n’en oublie pas pour autant son goût pour la déstructuration et le rappelle avec History of Touches où les instruments laissent la place à des sons plus électroniques.

 

Black Lake est certainement la pièce maîtresse de Vulnicura du haut de ses dix minutes. Très minimaliste, le morceau se déploie lentement mais sûrement entre la légèreté des violons et un beat oppressant et puissant qui change progressivement de mesure. Black Lake vous prend et vous retourne émotionnellement et s’impose avec Stone Milker comme le porte-étendard de cette nouvelle cuvée 2015. À la fois ample et resserré, léger et pesant, le morceau prend le temps de s’instiller en vous pour ne plus jamais vous quitter. On entrevoit alors tout le travail du DJ vénézuelien Arca, qui balance ses beats lourds et menaçants comme sur l’étouffant Family. La voix de Björk se démultiplie et les pistes se chevauchent dans un maelström musical, tandis que les cordes se font plus pesantes. Là encore, elle laisse au morceau le temps de s’installer et de grandir.

 

Vulnicura-608x608Avec Not Get, Björk renvoie de nouveau à Homogenic, car oui, l’ombre tutélaire de son troisième album pèse lourdement sur Vulnicura et on ne s’en plaindra pas. Mais il ne se limite pas qu’à une simple imitation puisque l’album est traversé par les sonorités organiques chères à la chanteuse depuis Vespertine. Bien loin de la rupture opérée avec les bancals Medulla et Volta, ce neuvième album studio est à envisager comme la continuation d’un univers musical riche et foisonnant. Une certaine envie de revenir aux fondamentaux en y intégrant des éléments et des sonorités plus récentes. À ce titre, Atom Dance en est le parfait exemple. En duo avec Antony Hegarty, ce morceau opère une vraie synthèse du travail de Björk ou quand les mélodies classiques viennent se mêler à une multitudes de voix qui se télescopent sur un beat parfaitement aiguisé.

 

Même constat concernant Mouth Mantra, secoué par des sons et un beat electro qui viennent perturber la quiétude et la chaleur des cordes. Mais ne nous y trompons pas, le meilleur et le plus puissant instrument de Björk, c’est sa voix unique. Alors que par le passé, elle a pu en faire un usage contestable, notamment sur Medulla, en faisant la truie qu’on égorge, ici, elle revient à une forme de chant plus pur dans laquelle son organe peut à nouveau pleinement s’exprimer. Pour clôturer Vulnicura, Quicksand se prend quelque peu les pieds dans le tapis et n’apporte absolument rien de plus à un album déjà rempli à ras-bord.

 

Une nouvelle fois, Björk marque sa différence avec la pop policée actuelle et remonte le temps pour retrouver la volupté de ses débuts. Sans atteindre les sommets de l’indétrônable Homogenic, Vulnicura trouve une place de choix dans la discographie de la chanteuse grâce notamment à Stone Milker, Black Lake et Atom Dance. Certainement pas le meilleur mais à coup sûr un très bon cru que celui de 2015 qui, à n’en pas douter, se bonifiera avec le temps.

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