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Music Mini Review : David Sylvian – There’s a light that enters houses with no other house in sight (Samadhisound)

Music Mini Review : David Sylvian – There’s a light that enters houses with no other house in sight (Samadhisound)

Note de l'auteur

s1J’éprouve toujours un sentiment d’impatience mâtiné de crainte à l’écoute d’un nouvel album de David Sylvian. Impatience, car son œuvre est depuis 30 ans comme une immense fresque que l’on découvre petit à petit et dont les morceaux font appelle à chaque fois à la nouveauté mais qui s’inscrivent aussi dans une suite parfaitement logique. C’est le parcours d’un artiste qui n’a eut de cesse de repousser les frontières de son art. Mais crainte aussi, car malgré l’immense respect que je lui voue, j’ai toujours peur qu’un jour, il me largue sur le bas côté de la route à trop vouloir s’enfoncer dans l’expérimental.

Seulement voilà, j’oublie à chaque fois que David Sylvian est l’un des musiciens les plus élégants de la planète et qu’à ce titre, il serait hors de question de continuer son exploration des terres musicales si ce n’était pour la partager. Et There’s a light that enters houses with no other house in sight est une nouvelle preuve de cette élégance.

Car le projet en soi a de quoi faire peur. Imaginez un peu une musique aux confins de l’électro, de la musique contemporaine et de l’improvisation sur laquelle viendrait se glisser la voix du poète Franz Wright « récitant » quelques passages de son recueil Kindertotenwald pour lequel il reçut le prix Pulitzer en 2011. Ajoutez à cela que le poète en question est en train de mourir d’un cancer du poumon et là je sens que vous avez comme une envie de mettre les bouts.

Et bien ce serait une énorme erreur, car There’s a light…baigne dans une telle élégance, une telle intelligence qu’il transforme ce projet effrayant sur le papier en un voyage musical de toute beauté. Wright ne donne pas dans la tristesse et dans l’espérance facile. Ses mots de viennent de l’esprit, de l’humour et d’un sens profond du moment présent et Sylvian, totalement conscient de la portée des mots du poète, l’accompagne par une musique à la fois discrète, éthérée mené par un piano qui s’amuse des frontières de la musique comme Wright s’amuse de sa condition de mourant tout en l’analysant avec une exactitude magnifique.

Évidemment, ce n’est pas un disque pour tout le monde et ceux qui ignorent le travail du musicien depuis 10 ans risque d’être totalement largués. Car malgré son côté unique, There’s a light…constitue la suite logique des précédents travaux de Sylvian. Aussi je vous invite à découvrir cet artiste le plus rapidement possible, ne serait-ce parce qu’il est tout simplement l’un des musiciens les plus talentueux et les plus intéressants de notre époque (fan boy service).

There’s a light… est un disque qui s’écoute les yeux fermés, dans le calme et le confort de votre chaise ou de votre canapé préféré. C’est un album qui se déguste dans toute sa totalité ou pas du tout (d’ailleurs, il n’y aucune plage). C’est une invitation au voyage dans l’esprit de l’un des plus grands poètes contemporains avec pour guide, l’élégance et l’intelligence de David Sylvian.

 

“If you liked being born, you’ll love dying

Franz Wright

http://www.davidsylvian.com/theresalight/

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