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Music Mini Review : Dr. Dre – Compton, A Soundtrack By Dr.Dre (Interscope/Polydor)

Music Mini Review : Dr. Dre – Compton, A Soundtrack By Dr.Dre (Interscope/Polydor)

Note de l'auteur

Le voici, enfin, celui qui était la punchline de bien des fans de hip-hop pendant une quinzaine d’années : le dernier album studio de Dr.Dre. Celui qui était auparavant connu comme l’Arlésienne Detox, duquel furent tirés quelques singles indulgents et en panne d’inspiration certaine. I Need a Doctor, par exemple, comme s’il fallait qu’il s’en convainque. Compton est donc un nouveau départ final, un paradoxe comme en raffole le producteur, une bonne heure de son sur lequel son ombre plane, même s’il n’en est le leader que par intermittence. Depuis The Chronic 2001, le multimillionnaire a investi beaucoup de temps dans ces casques Beats, puis dans Apple Music, et a accumulé beaucoup d’expériences en touchant à la musique de film. Compton agit donc logiquement comme la bande originale de Straight Outta Compton, le biopic de N.W.A. qui débarque dans nos salles le mois prochain. Et une intro marquée par l’urgence, celle de ses propres quartiers à souci, un point d’origine pour relater son histoire de self-made-man.

Disons-le d’emblée, les vétérans attendus sur cet album ne brillent pas forcément par leur apport. Eminem fait un couplet techniquement brillant pour réaffirmer la stabilité de son mentor même dans ses pires dérapages, sur disque et ailleurs, mais il tombe dans une redite de son album déjà tourné vers son passé, Marshall Mathers LP 2. Ice Cube fait une apparition enragée sur Issues, mais teintée d’un certain zen de nouveau riche (en mode « mon compte en banque te dit Je T’Emmerde »). Seul Snoop Dogg retrouve sa dangerosité et toute son agressivité sur One Shot One Kill, de Jon Connor à travers un rajeunissement vocal éblouissant… et au total opposé du funk soyeux de son dernier solo. Si on retrouve un des membres d’un des groupes de gangsta-rap les plus influents mais oubliés, Above The Law, c’est bien les jeunes talents qui vont donner toute son identité à cette visite guidée sans complaisance.

En complémentarité d’un Kendrick Lamar utilisé à 200% de ses capacités, le chanteur et producteur Anderson .Paak vole la vedette de Compton sans trop de soucis. C’est lui qui narre les moments choisis avec charisme, au départ de All In a Day’s Work, alors qu’en coulisses s’affairent deux des producteurs californiens les plus consistants de leur génération, DJ Khalil et DJ Dahi. Lui encore qui assure la rage désabusée de Animals, sur un instru de DJ Premier, une collaboration qui emplit le côté wishlist attendu par les fans… et ne déçoit aucunement. Dre le chef d’orchestre fait encore des merveilles ça et là, donnant aération et solo de guitare sèche à For the Love of Money.

Cette collection de moments n’est pas sans couacs. On peut pardonner les errements de la tracklist qui font caler Compton ça et là (pourquoi ne pas avoir couplé Genocide et Satisfiction, ayant le même midtempo funky et débordant d’énergie décalée ? Mystère), mais moins les fautes de goûts comme le trap passe-partout et strident de Talk About It, clin d’œil forcé aux Chief Keef et 2 Chainz du plus mauvais effet. Ou des titres de groupe qui arrivent souvent à saturation comme Satisfiction. Loin du classique instantané ou du bouquet final annoncé – toujours un artifice roublard de Dr.Dre le marketeux, Compton arrive à être un épilogue honorable et surtout ouvert sur un passage de relai plus futé que ce qu’on en attendait.

Play It : For the Love of Money (feat. Jill Scott, Jon Connor and Anderson .Paak), Animals (feat. Anderson .Paak), Genocide (feat. Kendrick Lamar, Candice Pillay, Marsha Ambrosius)

Skip It : Talk About It (feat. King Mez, Justus), Medicine Man (feat. Eminem, Candice Pillay)

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