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Music Mini Review : Esther Phillips, From A Whisper To A Scream (Expanded Edition) (Soul Music Records/Cherry Red)

Music Mini Review : Esther Phillips, From A Whisper To A Scream (Expanded Edition) (Soul Music Records/Cherry Red)

Note de l'auteur

ESTHER PHILLIPSFrom A Whisper To A Scream est le premier album d’Esther Phillips pour le label Kudu, qui signait un comeback sur la scène, bien loin de l’easy-listening chatoyant réalisé avec Big Band chez Atlantic, sous le haut patronage d’Ahmet Ertegun. Un disque si réussi que lorsqu’elle perd le Grammy Award de la meilleure interprétation féminine r&b/blues au profit d’Aretha Franklin, celle-ci ira le lui remettre plus tard dans la soirée. Home Is Where The Hatred Is ouvre l’album : avec cette reprise de Gil Scott-Heron, l’ancienne Little Esther adresse frontalement ses propres problèmes d’addiction, sur un fond groovy avec des arrangements vertigineux de cordes et de cuivres, une explosion en préambule qui la rapproche plus d’une Shirley Bassey imposante que de ses consoeurs de l’époque. Comme le texte d’accompagnement signé David Nathan l’explique, avec Esther Phillips tout est question de pouvoir se retrouver dans les paroles qu’elle chante. Et son timbre de voix pincé, plaintif et nuancé à la Nina Simone ou Marlena Shaw ne lui permet sans doute pas une autorité d’une Aretha, mais elle se rattrape en justesse d’interprétation et en profondeur bluesy.

Les meilleurs moments de From A Whisper To A Scream sont trempés dans une mélancolie bluesy et apathique qui fait ressortir toute l’élégance de la voix de Phillips. C’est paradoxalement ceux qui prennent le plus de distance avec la Phillips des 60’s pour se rapprocher de la mouvance Stax, comme Scarred Knees, où Pee-Wee Ellis fait insérer des solos de guitare déchirants entre les incartades de Phillips. C’est moins le cas sur sa version de  « Baby, I’m For Real » de Marvin Gaye. Mais le travail de réappropriation de titres en vogue est assez formidable, et étendu avec 4 bonus tracks de toute beauté des mêmes sessions, qui n’étaient disponibles que sur une réédition CD du milieu des années 1980. Phillips mène sa formation à la baguette sur « How Blue Can You Get? », annihile le « Brother, Brother » de Carole King, entre autres joyeusetés.

Cet album est une réussite artistique totalement sous-estimée, portée par la dextérité de musiciens de session comme les guitaristes Cornell Dupree (un régulier ultérieur de Bill Withers) ou Eric Gale, ou des arrangements de cordes signés Don Sebesky. Des rengaines qui prennent aux tripes, et qui est le premier volet d’un diptyque qui comptera Alone Again, Naturally quelques mois plus tard, encore plus poisseux et personnel pour la Texane. Si la sweet soul music faisait les beaux jours de la Motown, le blues d’Esther Phillips y apporte une alternative encore plus éternelle.

Play It : That’s All Right With Me, Brother, Brother

Skip It : Baby, I’m For Real

NB: la version incluse en écoute ci-dessous n’est pas l’album remasterisé chroniqué ici, et ne comporte pas les bonus tracks évoqués.

 

 

 

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