Music Mini Review : Foetus – Soak (Ectopic Ents)

Music Mini Review : Foetus – Soak (Ectopic Ents)

Note de l'auteur

Foetus-SoakSi les années 80 furent pour beaucoup synonymes de shtong shtong et pouic pouic synthétiques balancés par des groupes aux coupes de cheveux complètement improbables, on oublie assez facilement qu’elles furent aussi peuplées de groupes et de musiciens totalement frappadingues, bien décidés à repousser plus loin les limites de la production musicale (et parfois du supportable).  Même si parmi eux, The Residents restent à juste titre les plus connus, il est un Australien qui agit depuis 1981 dans l’ombre de l’underground, répondant au nom de JG Thirlwell, alias Fœtus.

Autant prévenir tout de suite, le style Fœtus revient à mettre à peu prêt tous les styles musicaux existants à ce jour dans un gros shaker, de secouer très fort et de voir ce qui en sort. En ce sens, Fœtus est quelque part le père de tous ces groupes expérimentaux fusions des années 90 dont le légendaire Mr Bungle est peut-être le rejeton le plus fidèle. Ceux qui connaissent la bande à Patton savent maintenant de quoi il en retourne. Quant aux autres, il vaut mieux y aller mollo afin de pouvoir supporter ce foutoir sonore sans y perdre quelques neurones. À ce sujet, la rédaction du Daily Mars nie toute responsabilité dans les éventuels dommages cérébraux que pourraient entraîner une écoute trop intensive de Fœtus (et / ou des groupes et musiciens suscités).

JG Thirlwell - FoetusLes habitués du genre ne pourront que jubiler à l’écoute des premiers morceaux de Soak. Le bonhomme Thirlwell fait preuve du haut de ses 33 ans de carrière d’un savoir faire en termes d’arrangements et de composition absolument imparable. Pratheism s’impose déjà comme un classique du genre et il s’offre même le luxe ultra casse gueule de s’attaquer à John Carpenter en faisant une variation autour du thème d’Halloween (Halloween / Turbulence). Mais là où n’importe quel tâcheron électro se serait contenté de jouer le morceau avec un son Bontempi vintage mes couilles, Thirlwell, lui, envoie un titre über pêchu d’une efficacité étonnante.

Les 7 premiers titres s’enchaînent avec une facilité déconcertante. Il aurait pu en être ainsi de tout l’album s’il n’y avait ensuite un instrumental nettement moins inspiré qui vient couper l’élan jouissif et délicieusement foutraque pris jusqu’ici. Danger Global Warming, puisqu’il faut le nommer, est probablement la grande faute de Soak. Le morceau en trop dont l’inutilité ruine presque les 3 morceaux suivants. Nul doute que sans ce titre (et peut-être Spat), on aurait eu droit à un disque redoutable tant par sa cohérence que par son foisonnement.

Malgré cela, Soak reste tout de même une impressionnante démonstration d’un compositeur qui, même avec 33 ans de carrière, a encore une foule de choses à dire.

Soak est en écoute ici.

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