Music Mini Review: Jamaica – Ventura (Pias)

Music Mini Review: Jamaica – Ventura (Pias)

Note de l'auteur

JAMAICA-Ventura-ALBUMCOVER-SIl aura fallu quatre ans au groupe anciennement nommé Poney Poney, pour qu’il sorte son second album, sobrement intitulé Ventura. Que penser de ce nouvel opus enregistré entre Paris et Los Angeles et produit par Peter Franco (collaborateur de Daft Punk)? Écoute et critique, suivez-nous, c’est par là.

 

Petit flash-back: en 2010, Antoine Hilaire et Florent Lyonnet sortent leur premier album, No Problem. D’emblée, on sent une patte assez frenchy, influencé par la power-pop mais aussi par des groupes confirmé comme Phoenix, Justice ou Daft Punk, bref la crème de la crème de la scène française. Résultat: une pop assez éléctro et énergique, des riffs de guitare imparable et un album qui enfile les tubes comme d’autres enfilent des perles. Cross the Fader, Short and Entertaining, I Think I Like U 2 sont autant de petites bombes à l’efficacité parfaitement redoutable. Arrive alors la possibilité de les voir en live et malheureusement, la déception est de mise. Tout ce qui fait le sel de No Problem réside dans ses pointes électro, hors celle-ci semble avoir complètement disparues sur scène. Jamaica nous laisse sur notre faim, quelque peu frustré de ne pas avoir vu ou entendu ce pour quoi on était venu. Qu’à cela ne tienne, on est pas rancunier et on appréhende donc Ventura avec le même enthousiasme qu’était le notre lors de l’écoute de No Problem.

 

Que les auditeurs de la première heure se rassure, le groupe garde les mêmes bases pour ce second opus. Ventura reprend là où No Problem s’était arrêté, en explorant un peu plus une électro-pop relativement efficace mais pas renversante. Il faut dire que ces dernières années, un très grand nombre de formation tente leur chance dans le créneau de la pop et que les places sont chères. Incontestablement et sans réelle surprise, les britanniques ont une vraie longueur d’avance grâce à Metronomy, Malachai, Django Django ou encore Breton. Bon, ceci étant dit et sachant pertinemment que le pays de Sa Majesté règne en maître sur le genre, que reste t-il de Jamaica et de leur Ventura? Un album cohérent et intéressant mais qui peine à trouver son identité propre. Les morceaux semblent interchangeables et s’enchaînent sans vraiment réussir à nous renverser de notre chaise.

 

Two on Two ouvre les festivités et sert de pont entre les deux albums tant il aurait pu apparaître sur l’un comme sur l’autre. Rythmique enjouée et sautillante et ligne de guitare simple et efficace, Two on Two est la petite sœur de I Think I Like U 2. Le morceau qui suit, Hello Again est, quand à lui, le fruit de l’union incestueuse des deux morceaux pré-cités et aurait pu s’intituler «I Think I Like U Two on Two»… Même beat, même gimmick, c’est pas désagréable mais, c’est le cas de le dire, on connaît la chanson. C’est d’ailleurs le gros problème de cet album dans lequel Jamaica semble dupliquer la structure et l’esprit de leurs premiers morceaux sans chercher à aller beaucoup plus loin. Le groupe se nourrit d’influences diverses et lorgne d’ailleurs pas mal du côté de leurs confrères versaillais du groupe Phoenix, sans jamais arriver à en atteindre leur immense talents. Un morceau comme Golden Times ne fait que confirmer cette tendance. Ça sonne comme du Phoenix, ça a l’odeur de Phoenix mais ça n’est pas du Phoenix… Pourtant on sent que le groupe tente des percées afin de se défaire de leur modèle mais sans réellement y parvenir. Au détour de High Then Low, c’est le spectre de The Strokes et son 12:51, qui pointe le bout de son nez. Arrivé au neuvième morceau, Rushmore, le duo arrive à nous surprendre avec une ballade nappée de synthé même si une fois de plus, les versaillais ne sont pas loin. Mais clairement, là où ils parviennent à nous prendre à revers, c’est sur l’instrumental Turbo, une virée électro-pop flirtant avec le stoner. Avec ce morceau, Jamaica arrondi moins les angles et montre un côté plus noisy et plus dark, une voie qu’il semblerait judicieux d’arpenter avec plus d’attention.

 

En définitif, un album très sympathique à défaut d’être complètement convaincant. Jamaica a, à coup sur, pas mal de chose à nous offrir mais avant cela, ils doivent s’affranchir de leurs influences. Si vous avez aimé No Problem, vous n’aurez pas trop de mal à apprécier Ventura et son son pop-rock teinté d’électro. En attendant une vraie prise de risque, ce dont, j’en suis sur, le groupe est capable…

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