Music Mini Review : Jungle, Jungle (XL Recordings)

Music Mini Review : Jungle, Jungle (XL Recordings)

Note de l'auteur

Le renouveau du Jungle - Junglesoul-funk briton vous est présenté cette semaine par les lettres J et T. Comme le duo mystérieux à la tête de la formation Jungle, qui, après un single, débarque cet été avec un album éponyme sur les braises de l’entêtant et réussi « Busy Earnin’ ‘.

Deux évidences s’imposent à l’écoute de ce premier opus aussi court que maîtrisé : oui, J(ustin) et T(imberlake) ont accumulé les références, les grooves et un songwriting clair et épuré. Non, ils n’ont vraiment rien à faire des chapelles ou du revival soul actuel, malgré la réputation live qu’ils vont acquérir de festival en festival en dégoupillant et dégourdissant les titres de cet album. Les voix de la majorité de l’album sont toujours doubles : l’un ne va quasiment jamais sans l’autre, mais c’est cette unison qui arrive à rendre soulful un falsetto qui serait peut-être plus hésitant et pas aussi juste en solo. Indéfinissables l’une par rapport à l’autre, ce sont elles qui portent des complaintes working class, avec des incursions lounge rappellant le « Ghost Town » des Specials ou sa descendance directe (Gorillaz, anyone?) sur « Platoon » ou « Smoking Pixels ».

La capsule estivale disco-funk « Crumbler » est reproduite avec les moyens du bord, et les lignes de cuivres chaleureux que l’on pourrait imaginer sur « Busy Earnin’  » ou d’autres titres sont triturés, rendant le son de Jungle sur disque plus digital et maladroit. A taille humaine, après tout. Peut-être la formation lorgne-t-elle vers des Brand New Heavies dans une capsule spatiale, mais sur des titres comme « Lucky I Got What I Want », l’atmosphère est plus poisseuse, avec un reverb suppliquant l’auditeur : « Don’t you forget about me ». Pourtant, malgré tout ce fouilla autodidacte, les grooves se forment, assaillis par des cliquetis et percussions, chatoyant le fan de « Voodoo » sur « Lemonade Lake », mais pourtant avec une certaine distanciation. C’est peut-être celle-là qui fait pécher l’écoute, ainsi que les imperfections vocales et phrasé qui se retrouve de titre en titre.

Si les choeurs, refrains et idées mélodiques brassent très large, « Jungle » l’album reste un objet sonique bizarre, qu’un critique plus feignant classerait sans encombre aux côtés des James Blake et Jamie Woon. Mais J(immy Jam) et T(erry Lewis) ne sont seuls qu’à moitié, n’hésitant pas à nous pondre une intro tout droit sortie d’un film de blaxploitation, et nommée « The Heat », avec sirènes, claviers et basses saillantes, mais sans effets wah-wah rétro ou Mayfieldage de pacotille. Mais au rayon tour de force stylistique, « Jungle » se place parmi les découvertes de l’été les plus probantes. A déguster frais.

Play It : Busy Earnin’, Time, Smoking Pixels

Skip It : Son Of A Gun

 

 

Partager