Music Mini Review: Metronomy – Love Letters (Because Music)

Music Mini Review: Metronomy – Love Letters (Because Music)

Note de l'auteur

a9163ed7Comment faire après avoir atteint son apogée ? Est-on condamné à faire moins bien ou alors à reproduire encore et encore la formule qui a fait notre succès ? Les quatre Anglais de Metronomy ont dû se poser la question et la réponse est loin d’être évidente… En effet, trouver un successeur au cool et génialissime The English Riviera, relève de l’exercice quasi-impossible. Une place compliquée que celle d’être l’un des albums les plus attendus de l’année. Alors, déclare-t-on notre flamme à Love Letters, ou pas?
Le charme de Metronomy n’a pas disparu, loin de là mais il s’est quelque peu éparpillé. Alors que le précédent album enchaînait les tubes pop aériens, «feel good» et redoutablement efficaces, Love Letters est plus inégal et tous les titres, comme autant de déclarations d’amour, n’atteignent pas leur cible. Eh oui, n’est pas Cupidon, qui veut… Moins catchy, moins abouti, quelque part moins indispensable, à tous les niveaux, ce quatrième album de Metronomy est en dessous de son prédécesseur. Ici, les pop songs ensoleillées et sucrées mâtinées d’électro, se mêlent à un spleen 60’s, évoquant à l’occasion une version mélancolique du célèbre musical Hair. Metronomy poursuit sa route sans se compromettre ou se trahir, se refusant à un quelconque formatage. À l’instar d’un groupe comme MGMT, les petits Anglais ne cèdent pas aux sirènes du mainstream à tout prix. D’ailleurs, ce qui les caractérise depuis leur début ce sont leurs arrangements minimalistes, qu’on croirait faits avec trois bouts de ficelle et pourtant il y a comme une évidence quand on les entend. De ces bidouillages flirtant parfois avec le Lo-fi, surgissent des mélodies qui s’imposent à nous. Avec Love Letters, même signature pour un enregistrement fait dans un studio analogique.

 

Lors de ma première écoute, j’ai ressenti une déception, voire une frustration… Alors que certains morceaux atteignent des sommets dans leurs compositions, d’autres se vautrent et cassent la dynamique de l’album. En l’écoutant en diagonale, on pourrait redouter le revival 60’s sans âme mais heureusement, le groupe est plus malin que ça. C’est d’ailleurs pourquoi ils se perdent à l’occasion, car à vouloir aller partout, parfois ça ne mène nulle part. Je vais le dire sans détour, le morceau de l’album qui m’a royalement gonflé, c’est incontestablement I’m Aquarius avec ses insupportables «shoop doo doo ha» en backing vocal, qui sentent la naphtaline. Un gimmick d’un autre temps qui n’a pas plus d’intérêt que les «shalalala» des Arctic Monkeys sur leur morceau The Hellcat Spangled Shalalala. Toujours dans la famille des titres dont je ne suis pas totalement fan, The Upsetter et sa boîte à rythme. Joseph Mount semble carrément se prendre pour David Bowie, époque Ziggy Stardust, une impression qu’on retrouve à d’autres moments du disque. Heureusement, la seconde partie du morceau apporte la dose de coolitude nécessaire avec cette guitare au son cristallin, du meilleur effet. Le minimalisme de Call Me peine à convaincre et disons le franchement, l’ennui guette. De même pour Never Wanted qui clôture l’album et qui risque d’anesthésier les plus coriaces, avec son aspect de comptine groovy.

 

les-quatre-membres-du-groupe-metronomyAprès ça, vous vous dites : « À quoi bon écouter Love Letters…?! ». Mais comme je le signalais plus haut, Metronomy a de la ressource et l’album regorge de vrais et beaux moments d’extase pop. À commencer par celle que procure Monstruous et ses modulations de synthétiseurs évoquant une bande-son d’un jeu vidéo vintage. Une mélodie aussi évidente qu’un Veridis Quo de Daft Punk, c’est dire ! Le single Love Letters, après son intro solennelle, explose tel un feu d’artifice en mode Flower Power. C’est prenant, entêtant, lumineux, Let The Sun Shine In n’est pas loin… Boy Racers, morceau entièrement instrumental, revient aux sources du groupe, avec une électro racée évoquant l’œuvre de Giorgio Moroder. Les nappes de synthés s’entremêlent les unes aux autres dans un des morceaux les plus marquants de l’album. La mélancolie et la nostalgie qui ressortent de The Most Immaculate Haircut, reflètent bien les qualités artistiques et la finesse des compositions du groupe. Le morceau se déploie jusqu’à l’instant où la musique se met en retrait pour laisser la place aux grillons et au son d’un plongeon dans l’eau. Bref, ça fleure bon l’été…! And least but not last, Reservoir, l’avant-dernier titre de l’album, qui, sous ses airs très enfantins de générique de dessin-animés façon Chapi Chapo, se révèle être un trip au psychédélisme cartoonesque, absolument délicieux.

 

Metronomy, même s’il ne parvient pas à égaler son album précédent, nous offre malgré tout un opus intéressant. Parfois mal-foutu, parfois exquis, Love Letters nous rappelle quand même, si besoin était, que le groupe a encore pas mal de chose à nous montrer. Notre flamme grandit un peu plus.

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