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Music Mini Review : OST Black Sails, de Bear McCreary (Sparks & Shadows)

Music Mini Review : OST Black Sails, de Bear McCreary (Sparks & Shadows)

Note de l'auteur


Certains scores font resurgir des spectres du passé que l’on croyait avoir définitivement enterré. Si celui de Gravity évoquait le douloureux souvenir de Vangelis, Black Sails vient éveiller un autre démon, pas pire mais tout aussi terrifiant, celui de Mike Oldfield.

C’est le problème quand on veut remettre au goût du jour les harmonies folkloriques des temps anciens de la piraterie, on risque de croiser à un moment donné le père Oldfield. Quelque part ce n’est pas vraiment de la faute de Bear McCreary et il a probablement fait le choix le plus logique vis-à-vis du projet. C’est juste que le Mike, il a ratissé le sujet comme un surdinguo et qu’à moins d’être super finaud, il y a des chances qu’il pointe le bout de son nez, et c’est exactement ce qu’il se passe lorsqu’on écoute le score de Black Sails.

Pourtant, on y trouve aussi des tas d’excellents passages. Même si McCreary reste sur ses acquis (des  percussions, encore des percussions, toujours des percussions), il fait aussi preuve d’un certain talent pour les harmonies complexes. Elles ne sont malheureusement pas assez développées, mais suffisamment pour que l’on s’en aperçoive (The Banner of Captain Flint, On The Beach, The Wrecks). Ajoutez à cela un certain savoir-faire niveau production et un thème qui vous rentre dans le crâne comme rarement, ça aurait pu nous donner un truc dans l’ensemble assez sympa quoiqu’un peu répétitif surtout en deuxième moitié de disque.

Seulement voilà,  comme je le disais plus haut, le spectre de Mike Oldfield vient régulièrement foutre par terre les efforts de McCreary à nous pondre une musique de pirate crédible. Ce n’est pas que ça ruine complètement le disque, loin de là, mais c’est suffisamment présent pour que ça devienne un problème. The Parson’s Farewell est à ce titre l’exemple le plus flagrant. On commence sur un morceau typiquement folklorique assez bien foutu (même si breizhou à fond), et puis là, paf, à 3 minutes et des pâquerettes, McCreary nous sort la grande artillerie de guitares et de batterie. Frisson Mike Oldfield direct. Et encore, il a du bol qu’on lui sorte pas Alan Stivell, bordel !

Le pire dans tout ça, c’est qu’il nous offre en fin de disque une super version du Golden Vanity de Benjamin Britten. Et là forcément, on se dit : « Dis donc McCreary, t’aurais pas pu nous pêcher un Britten plutôt que d’aller titiller le Mike Oldfield dans sa vase ? Mmmm ? » Certains pourront arguer que c’est chercher la petite bête, mais il y a certains spectres qui ont malheureusement un effet rédhibitoire et Mike Oldfield fait partie de ceux-là. Mike Oldfield putain !

 

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