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Music Mini Review : OST Captain America: The Winter Soldier, de Henry Jackman

Music Mini Review : OST Captain America: The Winter Soldier, de Henry Jackman

Note de l'auteur

OST Captain America Winter Soldier
Ok, c’est la guerre. Henry Jackman avait déjà commencé à montrer des signes d’indépendance face à l’Empire des clones avec le score de Captain Phillips. Il était parvenu à presque réduire au silence son double génétiquement modifié, mais ce dernier n’est apparemment pas prêt à se laisser faire. Du coup, c’est la guerre et la bataille fait rage sur Captain America: The Winter Soldier.

C’est le double qui ouvre le feu. Normal. Il déboule avec toute l’assurance de l’Empire, dirigé par des sbires en cravates dont la culture musicale s’arrête là où celle de Lady Gaga commence. On commence donc avec Lemurian Star dont la seule raison d’exister est de nous donner un avant-goût de la nouvelle chiasse qui sert de thème à Captain America, on y reviendra plus tard. Le reste tient de la démonstration foireuse de sound design, pour le côté « je te prends à Pro Tools quand tu veux ». Suit Project Insight, un truc bien pataud qui a sans doute ému aux larmes nos sbires en cravates. Rassurés d’avoir mis le score sur la bonne voie, ils quittent d’ailleurs le studio, laissant au double le soin de terminer le boulot.

C’est le moment qu’attendait Henry Jackman. Il colle un pied-bouche à son double, l’envoie valdinguer dans le placard et prend les commandes en nous balançant contre toute attente The Smithsonian. Un morceau à la John Williams (Saving Private Ryan) pas dégueulasse du tout. Il nous avait bien caché son jeu, le salaud. Il continue sur An Old Friend histoire de bien enfoncer le clou. D’entrer de jeu, le bonhomme a gagné en galons.

henry-jackmanEt puis arrive Fury. « Ha tu veux jouer à Pro Tools ! », qu’il balance à son double. « Et ben, viens chercher ta baffe! ». Et là c’est le délire. Totalement habité par l’esprit malade de Christopher Young (Sinister), Jackman nous balance un truc complètement frappadingue qui envoie à 541301364 années-lumières toutes les pseudo-expérimentations des autres clones (au loin on entend Steven Price pleurer). The Winter Soldier est déjà un putain de classique en plus d’une déclaration nette et précise. Jackman va bouffer l’Empire des clones tout cru, l’heure de la vengeance a sonné, « Moi, Henry Jackman, je suis désormais un compositeur libre, vous entendez ? Liiiiiibre !!!! »

Coup de tonnerre, pendant presque 10 morceaux, Jackman nous donne une étendue incroyable de ce dont il est capable de faire lorsqu’on ne lui demande pas de faire du Zimmer. C’est à tel point que l’on croirait presque écouter un autre compositeur. Pas seulement dans le sound design, on savait déjà que le bonhomme avait de la bouteille, mais dans la composition pure. C’est racé et intelligent. Le mec se permet même de pasticher le nouveau thème en nous en donnant une version ultra speed et super rigolote (The Causeway).

Pendant ce temps là, Brian Tyler passe dans les couloirs et jette une oreille horrifiée au son qui sort du studio. Il se rut sans attendre vers le bureau des cravateux. « Y’a Jackman qui fait tout plein de sons sataniques et des accords avec plein de notes bizarres dedans ! » Les sbires déboulent dans le studio en demandant ce que c’est que ce bordel et c’est quoi toutes ces notes. Henry fait mine de ne rien savoir et se fait passer pour son double en balançant quelques morceaux relativement convenus mais pas non plus complètement nuls. Les sbires commencent à se poser des questions, mais bientôt l’un d’eux s’exclame : « Bah, d’toute façon on s’en cogne du score, on a déjà le single Captain America pour le teaser de la bande-annonce, alors le reste franchement…», puis il fait comme un bras d’honneur accompagné d’un bruit de bouche supplément postillons. Les sbires ressortent du studio en rigolant grassement. L’un d’eux parle très fort au téléphone d’une préquelle à Twister avec Philip Seymour Hoffman en CGI.

Jackman reste seul dans le studio, en proie au doute le plus atroce. « C’est quoi cette histoire de single ? ». Et là c’est l’horreur. Avant même que la bataille ne commence, ce salopard de double s’était assuré de bien pourrir le score avec son thème de merde dont il nous balance une version techno remix à la con honteusement intitulée Captain America. Le compositeur est abasourdi par tant de bassesse. Il voudrait s’excuser auprès d’Alan Silvestri qui avait fait un super bon boulot en harmonisant ses thèmes avec ceux des Avengers et ainsi donner une véritable cohérence musicale au projet. Tout ça pour que ces connards de sbires et de clones aillent tout foutre aux orties avec leur goût de chiotte ! Henry Jackman enrage ! Il balance sa chaise contre la table de mixage et s’écroule sur le sol. Une larme de haine coule doucement le long de sa joue. Puis il se relève et serre les poings. OK, maintenant, c’est la guerre.

 

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